• Quelles différences entre les trois ordres religieux dans le film ?

     

    Le Nom de la Rose est un roman publié par l'italien Umberto Eco en 1980, et adapté au cinéma par le réalisateur français Jean-Jacques Annaud en 1986. L'intrigue se déroule dans une abbaye bénédictine en 1327, et est rythmée par de mystérieux meurtres.

    Sur le photogramme ci-dessus, qui se situe au moment du procès d'Inquisition de Salvatore et de Remigio de Varagine, nous pouvons remarquer que les personnages ne portent pas tous le même habit : c'est qu'ils appartiennent à des ordres religieux différents, que nous allons vous présenter, en commençant par les franciscains, puis les bénédictins et finalement les dominicains.

     

    1/ Les franciscains (comme Adso et Guillaume de Baskerville)

     

    Les franciscains appartiennent à l'ordre des Frères mineurs fondé par saint François d'Assise en 1210. Il prend sa source dans la prière où le Christ enseigne que tout le monde est aimé de Dieu, que tout le monde est frère et sœur et messager de paix, mais aussi qu'il faut vivre de pauvreté en respectant la nature et en entrant en communion avec la vie sous toutes ses formes. La fraternité permet à chacun de s'épanouir comme enfant de Dieu.

    Les franciscains s'engagent à vivre l’Évangile à la manière du Seigneur, en suivant les exemples de saint François et en observant la règle approuvée par l’Église.

     

     

     

    Les franciscains sont reconnaissables grâce à leur grande tonsure munie d'un petit creux (coiffure) et leur robe de bure faite de couleurs naturelles comme le beige ou le marron.

    Ce sont des itinérants car en début de film nous pouvons voir Adso et Guillaume arriver à cheval puis repartir à la fin, ils sont en perpétuel déplacement. Ils veulent être plus proches du peuple et plus humains ; de par leurs vêtements et leurs caractères, ils vivent modestement comme les paysans et sont contre l’Église riche.

    Concernant leurs activités, ils prient, font des rencontres interreligieuses et interculturelles, sont dans le monde associatif et dans l'enseignement. Même si on ne le voit pas dans le film, ils sont présents dans les hôpitaux et les prisons. Aujourd'hui, ils exercent leur ministère auprès des paroisses, de la communauté gitane, des immigrés… Ils sont envoyés fraternellement auprès des hommes.

     

     

    2/ Les bénédictins (tous les moines de l'abbaye)

     

    Les bénédictins appartiennent à l'ordre de saint Benoît de Nursie. Il a écrit une règle monastique destinée à guider ses disciples dans la vie monastique communautaire : il s'agit de travailler et de prier en alternance.

     

     

     

    Les bénédictins sont reconnaissables à leur petite tonsure avec frange et grand creux. Ils sont vêtus d'une robe noire assez sophistiquée. L'abbé qui dirige le monastère porte une grande croix en or sur la poitrine.

     

     

    Les bénédictins sont des sédentaires vaquant à leurs occupations : messes, repos, réunion pour définir les tâches du jour, travaux, prières (Tierce, Sexte, Vêpres, None, Complies…), lectures orales, couchers…

    Dans l'abbaye, les tâches sont bien distribuées en fonction des spécialités respectives de chacun : il y a un herboriste-apothicaire, un cellerier, des frères qui s'occupent des animaux, etc. Mais comme pour eux, partager la parole de Dieu est un devoir, les bénédictins l'écrivent sur des livres : beaucoup d'entre eux travaillent au scriptorium, en tant que traducteurs, copistes, enlumineurs, bibliothécaires, etc.

     

     

     

    3/ Les dominicains (comme Bernardo Gui, l'Inquisiteur)

     

     

     

    Les dominicains appartiennent à l'ordre fondé par saint Dominique de Guzman en 1215, aussi appelé «Ordre des Prêcheurs». A la différence des autres ordres réguliers qui s'isolent, les dominicains sont proches du peuple. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes. Comme les franciscains, et à la différence des bénédictins, il s'agit d'un ordre mendiant : en principe, ils ne disposent pas de ressources propres.

    Il est facile de reconnaître les dominicains. Ils ont le crâne presque rasé, sont vêtus de manière élaborée de plusieurs couches de vêtements, hormis la robe traditionnelle (scapulaire, capuce…) mais la couleur prédominante reste le blanc.

    Nous pouvons dire qu'ils sont itinérants : ils se préoccupent de répandre l’Évangile par des moyens variés et modernes.

     

     

     

    C'est essentiellement aux dominicains que la papauté a confié la mission d'Inquisition. Bernardo Gui accompagne la délégation papale, et c'est à cette occasion qu'il organise le jugement de Remigio et Salvatore. L'inquisition était en effet une institution créée par l’Église en 1231 pour combattre l'hérésie et d'infliger des peines aux personnes qui la pratiquaient (confiscation de biens jusqu'à la peine de mort).  

     

     

    4/ La délégation papale

     

    Même si cela ne concerne pas vraiment notre exposé, nous tenions quand même à vous parler des représentants du pape, habillés de façon très riche et colorée et envoyés de Rome pour représenter le pape lors de la rencontre théologique avec les franciscains, dans l'abbaye bénédictine.

     

    On voit en effet que les ordres religieux et l'entourage de la papauté se divisent sur la question du mode de vie de l'Église. Doit-elle être riche ou pauvre ? Les franciscains, par exemple, vivent et s'habillent très pauvrement, ils veulent être au même niveau que les paysans ; en revanche les bénédictins possèdent une abbaye opulente, qui reçoit les contributions en nature de tous les paysans alentour, et qui possède l'une des plus riches bibliothèques de toute la chrétienté. L'abbé possède dans ses réserves des trésors considérables : il veut évidemment une Église riche. Enfin les dominicains, quoiqu'appartenant à un ordre mendiant, possèdent dans les villes des églises magnifiques.

    Au Moyen Age, cette question a donné lieu non seulement à des débats théologiques, mais aussi à l'apparition d'hérésies, comme celles des Cathares ou des Dolciniens, qui considéraient que l'Église riche était trop différente du peuple et du message évangélique : d'où la création de l'Inquisition.

     


     Carine B. et Maëva M.,  216.