• Minerve et Arachné (1)

       

     

    Arachné est une jeune tisserande particulièrement douée dans l'art de la tapisserie. Mais Minerve est la déesse protectrice de ces travaux féminins. Leur rencontre sera fatale à la jeune femme...

     

     

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    Comparaison de textes

     

    Texte antique

    Ovide, Les Métamorphoses, VI, 7-145 - Début du Ier siècle apr.JC

     

    Arachné n’était illustre ni par sa patrie, ni par ses aïeux : elle devait tout à son art. Natif de Colophon, Idmon, son père, humble artisan, teignait les laines en pourpre de Phocide. Née dans un rang obscur, assortie à cet époux vulgaire, sa mère n’était plus. Cependant, malgré son origine, et quoiqu’elle habitât la petite ville d’Hypaepa, Arachné, par son travail, s’était fait un nom célèbre dans toutes les villes de la Lydie.

    Souvent les Nymphes de Tmole descendirent de leurs verts coteaux ; souvent les Nymphes du Pactole sortirent de leurs grottes humides pour admirer son art et ses travaux. On aimait à voir et les chefs-d’œuvre qu’elle avait terminés, et les trames que sa main ourdissait encore avec plus de grâce et de légèreté. Soit qu’elle trace à l’aiguille les premiers traits, soit qu’elle dévide la laine en globes arrondie, soit que, mollement pressés, de longs fils s’étendent imitant, par leur blancheur et leur finesse, des nuages légers, soit que le fuseau roule sous ses doigts délicats, soit enfin que l’aiguille dessine ou peigne sur sa trame, on croirait reconnaître l’élève de Pallas. Mais Arachné rejette cet éloge. Elle ne peut souffrir qu’on lui donne pour maîtresse une immortelle : « Qu’elle ose me disputer le prix, disait-elle ! si je suis vaincue, à tout je me soumets ».

    Pallas irritée prend les traits d’une vieille. Quelques faux cheveux blancs ombragent son front, et sur son bâton elle courbe une feinte vieillesse. Elle aborde Arachné, et lui tient ce discours : « On a tort de mépriser et de fuir les vieillards. L’expérience est le fruit des longues années. Ne rejetez pas mes conseils. Ayez, j’y consens, l’ambition d’exceller parmi les mortelles, dans votre art ; mais cédez à Pallas. Invoquez l’oubli de votre orgueil téméraire, de vos superbes discours, et la déesse pourra vous pardonner ».

    Arachné jette sur elle un regard irrité. Elle quitte l’ouvrage qu’elle a commencé, et retenant à peine sa main prête à frapper, et la colère qui anime ses traits : « Insensée, dit-elle à la déesse qu’elle ne reconnaît pas, le poids de l’âge qui courbe ton corps affaiblit aussi ta raison. C’est un malheur pour toi d’avoir vécu si longtemps. Que ta fille, ou ta bru, si tu as une fille, si tu as une bru, écoutent tes leçons. Je sais me conseiller moi-même ; et, pour te convaincre que tes remontrances sont vaines, apprends que je n’ai point changé d’avis. Pourquoi Minerve refuse-t-elle d’accepter mon défi ? pourquoi ne vient-elle pas elle-même me disputer le prix ? »

    « Elle est venue » ! s’écria la déesse : et soudain, dépouillant les traits de la vieille, elle lui montre Pallas. Les Nymphes la saluent. Les femmes de Lydie s’inclinent avec respect devant elle. Arachné seule n’est point émue ; elle rougit pourtant. Un éclat subit a teint involontairement ses traits, et s’est bientôt évanoui, pareil à l’air qui se teinte de pourpre au lever de l’Aurore, et qu’on voit blanchir aux premiers feux du jour. Emportée par le désir d’une gloire insensée, elle persiste dans son entreprise, et court à sa ruine. La fille de Jupiter accepte le défi ; et renonçant à donner des conseils inutiles, elle s’apprête à disputer le prix. Aussitôt l’une et l’autre se placent de différents côtés. Elles étendent la chaîne de leurs toiles, et l’attachent au métier. Un roseau sépare les fils. Entre les fils court la navette agile. Le peigne les rassemble sous ses dents, et les frappe, et les resserre. Les deux rivales hâtent leur ouvrage. Leurs robes sont rattachées vers le sein. Leurs bras se meuvent avec rapidité ; et le désir de vaincre leur fait oublier la fatigue du travail.

    [Ovide décrit la tapisserie tissée par Pallas, puis passe à celle d'Arachné]

    Arachné peint sur sa toile Europe enlevée par Jupiter. L’œil croit voir un taureau vivant, une mer véritable. La fille d’Agénor semble regarder le rivage qui fuit ; elle semble appeler ses compagnes, et craindre de toucher, d’un pied timide, le flot qui blanchit, gronde, et rejaillit à ses côtés.

    Elle peint Astérie résistant, mais en vain, à l’aigle qui cache Jupiter ; Léda, qui, sous l’aile d’un cygne, repose dans les bras de ce dieu ; ce dieu, qui, sous les traits d’un satyre, triomphe de la fille de Nyctée et la rend mère de deux enfants ; qui trompe Alcmène sous les traits d’Amphitryon ; qui devient or avec Danaé, feu pur avec Égine, berger pour Mnémosyne, et qui, serpent, rampe et se glisse aux pieds de la fille de Déo.

    Et toi, Neptune, aussi, elle te peint auprès de la fille d’Éole, sous les traits d’un taureau. Tu plais à la mère des Aloïdes, sous la figure du fleuve Énipée ; faux bélier, tu trompes Bisaltis ; coursier fougueux, tu triomphes de la déesse des moissons ; mère du cheval ailé, Méduse, aux cheveux de serpent, t’aime sous la forme d’un oiseau, et Mélantho, sous celle d’un dauphin.

    Elle donne aux personnages, elle donne aux lieux les traits qui leur conviennent. On voit Apollon prendre un habit champêtre, ou le plumage d’un vautour, ou la longue crinière d’un lion ; enfin, sous les traits d’un berger, il séduit Issé, fille de Macarée. Arachné n’a point oublié Érigone abusée, qui presse Bacchus caché dans un raisin ; ni Saturne, qui bondit en coursier près de Phylire, et fait naître le centaure Chiron. L’ouvrage est achevé; la toile est ornée d’une riche bordure, où serpente en festons légers le lierre entrelacé de fleurs.

    Pallas et l’Envie n’y pourraient rien reprendre. La déesse, qu’irrite le succès de sa rivale, déchire cette toile, où sont si bien représentées les faiblesses des dieux ; et de la navette que tient encore sa main, elle attaque Arachné, et trois fois la frappe au visage. L’infortunée ne peut endurer cet affront ; dans son désespoir, elle court, se suspend, et cherche à s’étrangler. Pallas, légèrement émue, et la soutenant en l’air : « Vis, lui dit-elle, malheureuse ! vis : mais néanmoins sois toujours suspendue. N’espère pas que ton sort puisse changer. Tu transmettras d’âge en âge ton châtiment à la postérité ».

    Elle dit, et s’éloigne, après avoir répandu sur elle le suc d’une herbe empoisonnée. Atteints de cet affreux poison, ses cheveux tombent, ses traits s’effacent, sa tête et toutes les parties de son corps se resserrent. Ses doigts amincis s’attachent à ses flancs. Fileuse araignée, elle exerce encore son premier talent, et tire du ventre arrondi qui remplace son corps les fils déliés dont elle ourdit sa toile.

     

     

    Texte contemporain

    Françoise Frontisi, L'Homme-cerf et la femme-araignée, Figures grecques de la métamorphose. Collection Le Temps des images, Gallimard, 2003

    Cet ouvrage est une étude littéraire et philosophique de la mythologique, au sens premier du terme :  « l’étude de la légende » (du grec ancien «μύθος» qui signifie « la légende » et « λόγος» qui désigne l’étude).

     

    Il n'est jamais bon pour un mortel de croiser le chemin d'un dieu. Actéon devient cerf pour avoir offensé Artémis ; Arachné est transformée en araignée pour avoir osé surpasser Athéna dans l'art du tissage. Les mythes grecs, leurs récits et leurs représentations sont riches d'histoires horribles et fascinantes, où intervient la métamorphose. Déguisement du dieu : expert à se glisser dans l'enveloppe d'un mortel ou à s'exhiber sous les traits d'un animal. Transformation brutale de l'homme ou de la femme : précipités dans un état bestial, fondus dans le végétal ou figés dans la pierre.

    Parcourir ces récits et ces images, c'est d'abord s'immerger dans l'imaginaire grec, se laisser entraîner au plaisir de l'écoute et du regard, retrouver le charme euphorisant de la rêverie créatrice des Anciens.

    Mais cette exploration nous fait découvrir aussi quelques problématiques. Les jeux croisés de la métamorphose et de l'hybridité servent à dire le statut de l'être humain et sa place dans le monde. La mutation des corps ou leur pétrification sont l'occasion d'une réflexion sur les ambiguïtés du regard, sur les liens entre la mort, l'invisibilité et l'opacité de la pierre. La place des femmes, si souvent victimes et actrices de métamorphoses, incite à mettre en évidence leur rôle de tisseuses de récits, à la fois consommatrices, productrices et reproductrices de mythes.

    Condamnée à travailler sans cesse le fil auquel elle s’est pendue, et que, sous sa forme actuelle, elle fait continuellement sortir de son ventre, la nouvelle Arachné fait certes l’admiration des savants et des géomètres. Un seul fil pourtant ne suffit pas à faire un vrai tissage, encore moins le tissage matrimonial à quoi rêvent les jeunes filles grecques. Réduite au seul fil féminin de la trame qui lui sort du ventre et qu’elle entrelace sur lui-même, elle est privée de la chaîne masculine, exclue par conséquent du véritable de l’union sexuelle reproductive [...] Arachné la tisserande, peintre somptueuse des amours des dieux, à jamais interdite de sexe, de couleurs et d’images.

     

     

    Arachné est un mythe antique dans lequel une jeune tisserande est transformée en araignée par la déesse Pallas. Nous comparerons ici deux extraits d’œuvres d’époques différentes, de manière à présenter d'abord les raisons et les conséquences du châtiment subi par Arachné. Puis, nous repèrerons les différents moyens lexicaux et syntaxiques mis en œuvre pour décrire la métamorphose de la tisserande. Et enfin, nous soulèverons la question de la portée du mythe et sa place dans la société.

     

    Quelles sont d'abord les raisons et les conséquences du châtiment infligé par Pallas à Arachné ?

    Cette dernière défie ouvertement la déesse dans Les Métamorphoses : « On croirait reconnaître l’élève de Pallas. Mais Arachné rejette cet éloge. Elle ne peut souffrir qu’on lui donne pour maîtresse une immortelle : « Qu’elle ose me disputer le prix, disait-elle ! si je suis vaincue, à tout je me soumets », ce qui traduit un orgueil démesuré (hybris). Le commentaire de Françoise Frontisi confirme qu' « il n’est jamais bon pour un mortel de croiser le chemin d’un dieu […] Arachné est transformée en araignée pour avoir osé surpasser Athéna dans l'art du tissage. »

    Arachné, en plus d’être humaine et mortelle, est née dans une famille aux conditions très modestes comme le dit Ovide : « Arachné n’était illustre ni par sa patrie ni par ses aïeux ». Il nous apprend également que l’art d’Arachné l’avait rendue célèbre en Lydie et admirable aux yeux des nymphes. Selon Pallas, sa condition humaine et sa place dans la société ne lui permettent pas de la défier à l’ouvrage ; la déesse lui conseille, sous les traits d’une mortelle, de mettre à profit ses talents chez les mortels : « Ayez, j’y consens, l’ambition d’exceller parmi les mortelles, dans votre art ; mais cédez à Pallas ». Or Arachné, présomptueuse et vaniteuse, lui réplique : « Je sais me conseiller moi-même ; et, pour te convaincre que tes remontrances sont vaines, apprends que je n’ai point changé d’avis ». Emportée encore une fois par son hybris, elle veut à tout prix défier Pallas et exceller dans cet art parmi les mortels ne lui suffit pas : elle souhaite que son art soit reconnu comme ne dépendant pas de la divinité, ce qui constitue un défi prométhéen.

    Alors qu'Athéna a représenté sur sa tapisserie des épisodes manifestant la toute-puissance de la divinité, Arachné de son côté représente sur la sienne « Europe enlevée par Jupiter »,  « Astérie résistant, mais en vain, à l’aigle qui cache Jupiter », ou encore « Erigone abusée ». Ce rappel des séductions trompeuses des dieux constitue un affront qui ne plaît pas à Pallas : « La déesse, qu’irrite le succès de sa rivale, où sont si bien représentées les faiblesses des Dieux » car il signifie qu’Arachné entend contester par l'exemple la justice divine.

    Ovide et Françoise Frontisi se rejoignent sur un même point : ce châtiment de transformation en araignée est choisi car il représente bien le talent d’Arachné, elle est punie de son hybris d’une manière qui l’humilie davantage, puisque ce don qu’elle souhaitait voir connu de tous lui a porté malheur. C’est par celui-ci qu’elle est conduite à sa perte : « Fileuse araignée, elle exerce encore son premier talent, et tire du ventre arrondi qui remplace son corps les fils déliés dont elle ourdit sa toile » chez Ovide, et « condamnée à travailler sans cesse le fil auquel elle s’est pendue, et que, sous sa forme actuelle, elle fait continuellement sortir de son ventre » pour Françoise Frontisi qui conclut : « Réduite au seul fil féminin de la trame qui lui sort du ventre et qu’elle entrelace sur lui-même, elle est privée de la chaîne masculine, exclue par conséquent du véritable de l’union sexuelle reproductive ». Cette punition prive Arachné de sa féminité, la condamne à l’infertilité et ses seuls enfants seront les fils qu’elle tissera.

    Arachné a donc été punie pour et par son hybris, ce châtiment infligé par Pallas a eu de lourdes conséquences sur la sociabilité d’Arachné.

     

    Si les deux auteurs abordent les facteurs et les conséquences de la métamorphose, ils s'intéressent aussi, à travers différents moyens lexicaux et syntaxiques, aux caractéristiques de cette transformation.

    Ainsi Ovide insiste-t-il sur le caractère irréversible et dnc tragique de la mutation en monstre d’Arachné. En effet, il énumère les transformations subies par le corps de la jeune fille : « Atteints de cet affreux poison, ses cheveux tombent, ses traits s’effacent, sa tête et toutes les parties de son corps se resserrent ». Il  évoque aussi la violence de la métamorphose : la sanction doit marquer son corps, après la douleur physique et psychique causée par l'injustice qu'elle pense avoir subie : « De la navette que tient encore sa main, [Pallas] attaque Arachné, et trois fois la frappe au visage. L’infortunée ne peut endurer cet affront ; dans son désespoir, elle court, se suspend, et cherche à s’étrangler.». Françoise Frontisi met également en avant le caractère douloureux de toute métamorphose : « Transformation brutale de l'homme ou de la femme : précipités dans un état bestial, fondus dans le végétal ou figés dans la pierre. »

    Alors qu’Ovide s’attarde sur la transformation lente ressentie par Arachné et la dégradation progressive de son corps, le commentaire de l’oeuvre de Françoise Frontisi insiste sur une « transformation brutale », et donc à la fois violente et rapide. Aussi, quand Ovide écrit : « Ses traits s’effacent », il désigne la perte d’identité de la malheureuse, qui est vouée à tisser pour le reste de son existence sous l’aspect d’un monstre. De même, Françoise Frontisi souligne la déshumanisation d’Arachné, isolée de ses semblables par son caractère monstrueux.

     

    Mais l’étude de la métamorphose d’Arachné, de ses causes, ses conséquences et ses caractéristiques ne doit pas masquer l’importance du sens moral, de la portée sociale et culturelle du mythe. En effet, toute légende doit être replacée dans le contexte de la société qui l’a produite et nous permettre d’étudier les méandres de sa signification intellectuelle.

    Le commentaire de Françoise Frontisi nous rappelle en effet que « parcourir ces récits et ces images, c'est d'abord s'immerger dans l'imaginaire grec, se laisser entraîner au plaisir de l'écoute et du regard, retrouver le charme euphorisant de la rêverie créatrice des Anciens ».  « Les mythes grecs, leurs récits et leurs représentations sont riches d’histoires horribles et fascinantes ». En général, ils fascinent, et ce sont des histoires qui traversent les siècles. Cependant, ils doivent également marquer les esprits, servir d’exemple et de morale : ils peuvent dissuader de mal agir, ou faire réfléchir aux relations entre l'individu et un pouvoir supérieur à lui.

    En effet, L’homme-cerf et la femme-araignée explique que «  cette exploration nous fait découvrir aussi quelques problématiques », et que l’interprétation du mythe peut être résolument moderne. Elle rappelle la condition humaine, notre statut et notre place dans le monde, notre fragilité et enfin le fait que toute démesure peut nous être fatale ou dangereuse - en tout cas que nous devons en être conscients : à nos risques et périls.

     

    Dans ce mythe, Arachné a été punie pour et par son hybris : « Fileuse araignée, elle exerce encore son premier talent, et tire du ventre arrondi qui remplace son corps les fils déliés dont elle ourdit sa toile. » Ce châtiment rappelle aux humains qu’ils ne doivent pas se laisser emporter par leur orgueil et qu'ils seraient inspirés d'avoir plus de modestie. C'est ce que conseille Pallas, déguisée en vieille femme, et qui tente de raisonner Arachné : « L’expérience est le fruit de longues années. Ne rejetez pas mes conseils. Ayez, j’y consens, l’ambition d’exceller parmi les mortelles, dans votre art ; mais cédez à Pallas. »

    L’extrait de l’oeuvre de Françoise Frontisi met en avant une réflexion implicite sur la place des femmes dans certaines sociétés, isolées de ces dernières et privées d’épanouissement personnel : « Arachné la tisserande, peintre somptueuse des amours des dieux, à jamais interdite de sexe, de couleurs et d’images. » Mais doit-on s'y résigner ? Ovide lui-même n'invite-t-il pas à considérer que Pallas a usé de son pouvoir de manière à préserver un ordre moral et social établi ? Le mythe est donc important dans la société de nos jours : il est à la fois fascinant, moralisant et il peut aussi amener à réfléchir sur notre statut et notre place dans la société.

     

     

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    Iconographie

     

    Nous allons ici présenter les œuvres illustrant l'histoire d'Arachné selon l'ordre chronologique des différentes étapes de l'épisode, sans respecter celui de la production de ces œuvres d'art.

     

     

    Arachné filant
    Boccace - De cleres et nobles femmes
    Enluminure du ms Français 599, fol.17v
    1488-1496
    BnF
     

    Sur cette enluminure, l'artiste a représenté Arachné avant sa transformation en araignée : elle tisse sous son apparence humaine. Cependant, on peut se douter que la divinité va bientôt la métamorphoser, notamment parce que l’ouvrage qu’elle tisse ressemble à une toile d’araignée.

         

     

     

     

    Les fileuses
    Peinture de Diego Velasquez
    1657
    Musée du Prado, Madrid

     

     

     

     

    Sur cette peinture de Diego Vélasquez sont représentées Arachné et les tisserandes qui l’accompagnent dans son travail. Comme sur l’enluminure illustrant l'œuvre de Giovanni Boccacio, Arachné est encore humaine. Mais elle n’est plus seule : elle est assistée d’autres tisserandes. Cette peinture pose un problème d'interprétation, parce qu'elle ressemble plus à une scène de genre qu'à une peinture mythologique : le sujet d'Arachné semble être un prétexte.

     

     

     
    Arachné et Pallas en vieille femme
    Enluminure de l'Ovide moralisé
    Ms Arsenal 5069, fol.77
    1301-1325
    BnF

     

    Cette enluminure représente Arachné et Pallas qui tente de raisonner la jeune tisserande sous les traits d’une vieille femme. Emportée par son orgueil, la femme refuse d’écouter ses conseils et défie une nouvelle fois la déesse à l’ouvrage.

     

     

     

    Minerve et Arachné
    Peinture à l'huile sur toile de René-Antoine Houasse
    1706
    Versailles

     

     

     

     

    Sur cette peinture, Arachné e encore son apparence humaine. Mais derrière elle, Pallas s’apprête à la métamorphoser en araignée avec beaucoup de violence. D’ailleurs, Arachné essaie de se protéger et de fuir le châtiment.

     

     

    La métamorphose d'Arachné
    Enluminure de l'Ovide moralisé
    Ms Arsenal 5069, fol.78
    1301-1325
    BnF
     

    Sur cette enluminure, Arachné se métamorphose en araignée : tandis que le haut de son corps est encore humain, des pattes ont remplacé ses jambes. Elle a l’air horrifiée par la transformation qu’elle est en train de subir. Le châtiment de la déesse Pallas est complet : Arachné a été punie pour et par son hybris.

           

     

     


    Manon R., 203