• Le monstre Scylla

       

     

    Scylla - Plaque en terre cuite de Mélos (460-450 av. JC) - British Museum

     

    Tout le monde connaît l'expression : « Tomber de Charybde en Scylla ». Mais qui était Scylla au juste ?

     

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    Comparaison de textes

     

     

    1. Homère - Odyssée, XII, 80-126 et 201-258 - VIIIe s. av. JC

    Dans ce texte, Ulysse raconte aux Phéaciens comment la magicienne Circé l'a informé de l'existence de Scylla en face du gouffre de Charybde, puis comment lui et ses compagnons ont échappé de justesse à la mort.

     

    A mi-hauteur de l'écueil s'ouvre une caverne à la profondeur bleuâtre, tournée du côté de l'ouest vers l'Érèbe ; c'est de ce côté que vous devez diriger votre vaisseau ponté, illustre Ulysse. Aucun homme, si vigoureux fût-il, ne pourrait, du creux de sa nef, atteindre d'une flèche le fond de la caverne. C'est là dedans que gîte Scylla aux aboiements terribles. Sa voix n'est pas plus forte que celle d'une chienne nouveau-née ; c'est pourtant un monstre affreux : personne n'aurait joie à la voir, même si c'était un dieu qui la rencontrât. Elle a douze pieds, tous difformes ; et six cous, d'une longueur singulière, et sur chacun une tête effroyable, à trois rangées de dents, serrées, multiples, pleines des ténèbres de la mort. Elle s'enfonce jusqu'à mi-corps dans le creux de la caverne ; elle tend ses têtes hors du gouffre terrible, et de là elle pêche, explorant la roche tout entière, dauphins et chiens de mer, et, à l'aventure, elle prend quelque monstre plus gros, comme en nourrit par milliers Amphitrite aux forts mugissements. Jamais encore matelots ne se peuvent vanter d'avoir passé par là sans y périr avec leur nef ; Scylla emporte avec chacune de ses têtes  un homme saisi dans le vaisseau à la proue sombre. Tu verras, Ulysse, que l'autre écueil est moins élevé. Ils sont tous deux l'un près de l'autre. Une de tes flèches franchirait l'intervalle. Sur celui-ci est un grand figuier sauvage à la frondaison luxuriante. Au pied du roc, la fameuse Charybde engloutit l'eau noire. Trois fois par jour elle la rejette et trois fois elle l'engloutit avec un bruit effroyable. Ne te trouve pas là, quand elle commence à l'engouffrer ; car l'ébranleur de la terre lui-même ne pourrait te sauver du malheur. Aussi fais vite passer ton vaisseau près de l'écueil de Scylla ; car il est sans doute bien préférable d'avoir à regretter six hommes de ton équipage que de les perdre tous ensemble. » Ainsi parlait-elle, et moi, je lui repartis : « Dis-moi donc ceci, déesse, sans feinte aucune. Si je parvenais à éviter la funeste Charybde, ne pourrais-je attaquer l'autre, quand elle se jetterait sur mes gens ? » Je dis; et l'illustre déesse me répondit sur-le-champ : « Malheureux ! Tu ne rêves donc qu'actions guerrières et bataille ? Tu ne reculerais même pas devant les dieux. Scylla n'est pas une mortelle : c'est un fléau immortel, un monstre épouvantable, furieux, inattaquable. On ne peut s'en défendre ; le mieux est de le fuir. Si au long de sa roche tu perds du temps à t'armer, je crains qu'elle ne t'atteigne en lançant derechef ses têtes, et ne te prenne encore autant d'hommes. Passe plutôt très vite ; appelle à ton secours Crataïs, la mère de Scylla ; c'est elle qui enfanta ce fléau pour les hommes et c'est elle qui préviendra une nouvelle attaque [...].

    Comme nous quittions l'île, je vis tout aussitôt la vapeur de grandes houles et j'en entendis le fracas. Mes gens prirent peur ; les rames s'envolèrent de leurs mains et claquèrent en tombant toutes au fil de l'eau. La nef s'arrêta sur place ; car leurs mains ne manœuvraient plus les rames effilées. Et moi, allant d'un bout à l'autre du vaisseau, j'encourageais mes compagnons par de douces paroles, en me plaçant près de chacun : « Amis, nous ne sommes plus sans expérience des épreuves. Ce malheur qui nous menace n'est certes pas plus grand qu'au temps où le Cyclope, de toute la violence de sa force, nous tenait enfermés au creux de sa caverne. Mais, même de là nous nous sommes échappés, grâce à ma vaillance, mes conseils et mon esprit, et vous vous en souviendrez, je pense. Maintenant, courage, obéissez tous à ce que je vais dire : vous, restant assis près des tolets, frappez la mer de vos rames, en les enfonçant profondément ; voyons si d'aventure Zeus nous accordera d'échapper à ce danger et d'esquiver la mort. A toi, pilote, voici mes ordres : mets-les bien dans ton esprit, puisque tu tiens le gouvernail de la nef creuse.Dirige-la en dehors de cette vapeur et de cette houle ; longe bien l'autre écueil, de peur qu'à ton insu elle ne sorte de sa ligne, ne se jette là-bas, et que tu ne nous précipites dans le malheur. » Je disais, et bien vite ils obéirent à mes ordres. Je ne parlais plus de Scylla, l'inévitable fléau ; car peut-être mes gens, pris de peur, cesseraient de ramer pour se blottir en tas à fond de cale. Et voilà que j'oubliais la pénible recommandation de Circé ; elle m'avait défendu de prendre aucune de mes armes ; mais, moi, ayant revêtu mon armure glorieuse et pris en mains deux longues javelines, j'allai me poster sur le gaillard de proue ; de là, je croyais découvrir dès son apparition cette Scylla du rocher, s'élançant pour la perte des miens. Mais je ne l'apercevais nulle part, et mes yeux se fatiguèrent à explorer en tout sens la roche embrumée. Nous naviguions droit dans la passe, en nous lamentant. D'un côté se trouve Scylla ; et de l'autre, la fameuse Charybde engloutit avec un bruit terrible l'eau salée. Quand elle la vomit, toute la mer s'agite, bouillonne, comme l'eau d'un chaudron sur un grand feu ; l'écume jaillit jusqu'en haut des écueils et retombe sur tous les deux. Puis, quand elle engloutit à nouveau l'eau salée, on la voit bouillonner tout entière en sa profondeur ; le rocher qui l'entoure mugit terriblement ; et par-dessous paraît un fond de sable noirâtre. Mes compagnons, pris de terreur, devenaient blêmes. Nous regardions Charybde, dans notre crainte de la mort ; à ce moment Scylla dans le creux du vaisseau emporta six de mes hommes, les meilleurs par la force de leurs bras.Comme je tournais les yeux vers mon vaisseau rapide et mes compagnons, je n'aperçus plus que leurs pieds et leurs mains enlevés en l'air :  ils criaient, m'appelant par mon nom, pour la dernière fois, dans l'angoisse de leur cœur. Quand sur la saillie d'un roc, un pêcheur jette au bout de sa longue gaule, l'appât trompeur aux petits poissons et lance dans la mer la corne d'un bœuf des champs, on le voit verser sur le sol sa prise palpitante ; eux palpitaient ainsi, enlevés contre les pierres, et Scylla, à la porte de son antre, les dévorait tout criants, tendant les bras vers moi, dans leur effroyable détresse. C'est bien le  spectacle le plus pitoyable qu'aient vu mes yeux, pendant ma pénible recherche  des passes de la mer.  

     

    Alessandro Allori - Charybde et Scylla (1575) - Florence - Banque toscane

     

     

    2. Ovide - Les Métamorphoses, XIV, 1-74 - Début du Ier s. apr. JC

    Huit siècles après Homère, le poète latin Ovide s'inspire à la fois de l'Odyssée et de l'Enéide de Virgile, et revient sur quelques étapes du périple d'Ulysse en faisant naviguer Énée, le héros troyen, dans les mêmes mers que le héros grec. C'est l'occasion pour lui de revenir sur l'existence de Scylla. Nous avons choisi ce texte parce qu’il explique la métamorphose de Scylla en monstre, et que, couplé avec l’Odyssée, nous pouvons envisager aussi sa place dans l’épopée.

     

    Déjà le dieu qui habite les ondes de l'Eubée a laissé derrière lui l'Etna assis sur le corps des Géants, et la terre des Cyclopes où le soc et des bœufs attelés n'ouvrent point de sillons. Déjà Glaucus s'est éloigné de Zancle et de Rhégium qui s'élève sur le bord opposé, et de ce détroit fameux en naufrages, resserré entre les confins de l'Ausonie et ceux de la Sicile : il fend, de sa main puissante, les flots de la mer Tyrrhénienne, aborde les collines couvertes de plantes où règne Circé, et arrive à son palais rempli d'animaux immondes ou sauvages. Dès qu'il aperçoit la fille du Soleil, qu'il l'a saluée, et en a été salué à son tour :

    « Déesse, dit-il, prends pitié d'un dieu qui t'implore. Car toi seule, si je t'en parais digne, peux me rendre plus légères les peines de l'amour. Qui mieux que moi reconnaît le pouvoir des plantes, puisque c'est par elles que j'ai changé de nature ? Apprends la cause du mal qui me possède. Sur le rivage d'Italie qui regarde Messine, j'ai vu, j'ai aimé Scylla ; et, je rougis de le dire, promesses et prières, caresses, amour, elle a tout méprisé. Ô toi ! s'il est quelque vertu dans les paroles magiques, que ta bouche sacrée les prononce ; ou si la force des plantes l'emporte, emploie celles dont tu as éprouvé les charmes les plus puissants. Je ne te demande ni d'affaiblir mon amour, ni de guérir ma blessure : il ne s'agit point d'éteindre mes feux, il faut qu'elle les partage.»


    Il dit, et Circé (car aucune mortelle ne fut plus prompte à s'enflammer à de tels discours, soit que la source de ce penchant soit en elle, soit que Vénus ait voulu se venger du Soleil en livrant sa fille aux fureurs de l'amour) répond en ces termes : « Tu ferais mieux de suivre la femme qui ne te fuirait pas, qui désirerait ce que tu désires, et brûlerait avec toi des mêmes feux. Certes, tu méritais d'être aimé. Tu pouvais toi-même prétendre à te voir recherché ; et, si tu promettais du retour, crois-moi, tu serais recherché encore. N'en doute point, et que ta confiance naisse de ta beauté. Moi, déesse et la fille brillante du Soleil, moi à qui les enchantements de la voix et des herbes donnent tant de pouvoir, je désire d'être à toi. Méprise donc qui te méprise, aime celle qui t'aime, et venge d'un même coup, toi d'une ingrate, et moi d'une rivale.
    – Ah ! reprit Glaucus, on verra les forêts verdir au sein des mers, et l'algue marine croître sur les montagnes, avant que mon amour pour Scylla soit changé !»

    La fille du Soleil est indignée, et ne pouvant, ni ne voulant perdre le dieu qu'elle aime, sa haine s'enflamme contre celle qu'il lui préfère. Soudain, dans la fureur de ses feux méprisés, elle choisit d'exécrables herbes, en exprime les sucs horribles, et prononce, en les broyant, des paroles infernales. Elle prend sa robe d'azur, traverse la foule des bêtes immondes qui la flattent sur son passage, s'éloigne de sa cour, et, se dirigeant vers Rhégium, s'élance sur les vagues agitées que séparent les deux rives, marche comme sur un rivage solide, et court à pieds secs sur le sommet des flots.

    Il était une grotte arrondie, aux détours sinueux, où, loin des feux du jour et du courroux des vagues, lorsque au milieu de sa carrière, le Soleil raccourcissait les ombres, Scylla venait chercher, dans une onde tranquille, la fraîcheur et le repos. Circé infecte l'antre, et le souille de ses poisons les plus puissants ; elle y répand les sucs qu'elle a tirés de ses racines funestes, murmure, à trois reprises, des mots mystérieux et nouveaux, et neuf fois répète ses noirs enchantements. Scylla vient, et déjà elle était à moitié descendue dans l'onde, lorsqu'elle se voit entourée de monstres hurlants. D'abord elle ne croit pas qu'ils fassent partie de son corps : elle s'éloigne, fuit et craint leur rage écumante ; mais, en fuyant, elle entraîne les monstres : elle cherche ses flancs, ses jambes, et ses pieds : partout à leur place elle ne trouve que des gueules de Cerbère, qu'une horrible ceinture de chiens aboyants sans parties inférieures, attachés par le dos autour de son corps.

    Glaucus pleura celle qu'il aimait ; il détesta l'amour de Circé et l'usage qu'elle avait fait de son art si funeste. Scylla ne quitta point le lieu témoin de son malheur ; et bientôt elle se vengea de sa rivale en faisant périr les compagnons d'Ulysse. Elle allait aussi submerger les vaisseaux des Troyens, lorsqu'elle fut changée en rocher, écueil redoutable qu'on voit encore dans cette mer, et que le nautonier évite d'approcher.

     

     

    Eglon van Neer - Glaucus et Scylla (1695) - Amsterdam, Rijksmuseum

     

     

    3. Paléphatos - Histoires incroyables - IVe-IIIe s. av. JC

    Cet auteur grec, peut-être disciple d'Aristote, est intéressant pour son traitement rationaliste des mythes. Après avoir rappelé leur version traditionnelle, il les déconstruit et recherche quel événement historique peut avoir été à leur origine.

     

    « On prétend que Scylla était un monstre de la Tyrrhénie, femme jusqu’au milieu du corps, d’où lui sortaient des têtes de chien, et dont le reste avait la forme des serpents. Imaginer un pareil assemblage est par trop fou. La vérité est que les Tyrrhéniens avaient des vaisseaux qui exerçaient la piraterie sur les côtes de la Sicile et dans le golfe ionien. Ils avaient entr’autres une trirême très agile nommée Scylla, qui arrêtait souvent les autres vaisseaux pour leur enlever leurs provisions et faisait ainsi beaucoup parler d’elle. Ulysse, secondé par un vent rapide et violent, parvint à échapper à sa poursuite. Il raconta ensuite à Alcinoüs, à Corcyre, comme il avait été poursuivi, et comme il avait échappé, et fit de ce vaisseau pirate une description qui donna naissance à la fable. »

     

     

    Les trois textes que nous avons choisis ont été écrits pendant l'antiquité : à la différence des artistes, l'histoire de Scylla ne semble pas avoir intéressé les auteurs modernes. Dans cette analyse comparative, nous  parlerons de la jalousie divine puis de la cruauté de Scylla une fois devenue monstre, et enfin nous nous pencherons sur l’importance de ce mythe.

     

    D'après Ovide, qui reproduit très souvent le même schéma narratif dans les Métamorphoses, avant d’être transformée en un horrible monstre, Scylla était une très jolie nymphe dont Glaucus (le roi des mers) est tombé amoureux. Il demande à Circé de lui venir en aide et de lui procurer une potion ayant pour but de rendre cet amour réciproque : « Déesse, dit-il, prends pitié d'un dieu qui t'implore. Car toi seule, si je t'en parais digne, peux me rendre plus légères les peines de l'amour [...] Sur le rivage d'Italie qui regarde Messine, j'ai vu, j'ai aimé Scylla ; et, je rougis de le dire, promesses et prières, caresses, amour, elle a tout méprisé [...] Je ne te demande ni d'affaiblir mon amour, ni de guérir ma blessure : il ne s'agit point d'éteindre mes feux, il faut qu'elle les partage. » Mais Circé, jalouse, exprime son refus et le justifie par les sentiments qu’elle éprouve pour le roi des mers : « Tu ferais mieux de suivre la femme qui ne te fuirait pas, qui désirerait ce que tu désires, et brûlerait avec toi des mêmes feux »

    Comme d'autres divinités vindicatives, en particulier Minerve dans le mythe d'Arachné, Circé s’emporte donc contre sa rivale Scylla et recourt à la magie noire : « Circé infecte l'antre, et le souille de ses poisons les plus puissants ; elle y répand les sucs qu'elle a tirés de ses racines funestes, murmure, à trois reprises, des mots mystérieux et nouveaux, et neuf fois répète ses noirs enchantements ». Le résultat de cette punition est que Scylla est métamorphosée en un horrible monstre : « Elle entraîne les monstres : elle cherche ses flancs, ses jambes, et ses pieds : partout à leur place elle ne trouve que des gueules de Cerbère, qu'une horrible ceinture de chiens aboyants sans parties inférieures, attachés par le dos autour de son corps ». Dans l'Odyssée, Homère la faisait ainsi décrire par Circé (cette fois absolument pas responsable de son sort) : « Elle a douze pieds, tous difformes ; et six cous, d'une longueur singulière, et sur chacun une tête effroyable, à trois rangées de dents, serrées, multiples, pleines des ténèbres de la mort. » De même, Paléphatos résume d'autres versions de la légende : «Femme jusqu’au milieu du corps, d’où lui sortaient des têtes de chien, et dont le reste avait la forme des serpents.»

     

    Un tel monstre dévorateur ne peut qu'être fatal à tous ceux qui naviguent sous son écueil, d'autant que pour éviter d'être engloutis par Charybde les marins sont obligés de choisir de passer plutôt de son côté. Homère par exemple évoque une Scylla totalement cruelle qui veut manger tous ceux qui se trouvent sur sa route : « Scylla, à la porte de son antre, les dévorait tout » ; « Mes compagnons, pris de terreur, devenaient blêmes [...] Scylla, à la porte de son antre, les dévorait tout en criant». Ovide rejoint ce point de vue : « Scylla ne quitta point le lieu témoin de son malheur ; et bientôt elle se vengea de sa rivale en faisant périr les compagnons d'Ulysse. Elle allait aussi submerger les vaisseaux des Troyens, lorsqu'elle fut changée en rocher, écueil redoutable qu'on voit encore dans cette mer, et que le nautonier évite d'approcher. »

    Pourtant Paléphatos a un point de vue bien différent. En bon disciple d'Aristote, il ne se laisse pas impressionner par le registre merveilleux et le caractère hybride du corps de Scylla, associant femme, chiens et serpents : « Imaginer un pareil assemblage est par trop fou », puisque c'est absolument contraire aux lois de la nature. Il faut donc trouver derrière la légende une explication historique plausible : « La vérité est que les Tyrrhéniens avaient des vaisseaux qui exerçaient la piraterie sur les côtes de la Sicile et dans le golfe ionien. Ils avaient entr’autres une trirème très agile nommée Scylla, qui arrêtait souvent les autres vaisseaux pour leur enlever leurs provisions et faisait ainsi beaucoup parler d’elle ». Mais ensuite, selon le mécanisme des récits de bouche à oreille qui est à l'origine des épopées, Scylla est devenue un monstre de plus en plus gros et effrayant : « Il raconta ensuite à Alcinoüs, à Corcyre, comme il avait été poursuivi, et comme il avait échappé, et fit de ce vaisseau pirate une description qui donna naissance à la fable. »

     

    La mythologie est donc responsable de créations poétiques successives, ce qui explique qu'il existe plusieurs versions de Scylla, notamment une autre selon laquelle Scylla tombe amoureuse de Minos qui ne l’amène pas en Crète et en voulant le suivre, elle meurt tuée par l’âme de son père. Mais nous avons retenu la plus ancienne et la plus connue, celles d’Homère dans l’Odyssée puis d'Ovide dans les Métamorphoses.

    C’est grâce à ce mythe que nous employons aujourd’hui l’expression « tomber de Charybde en Scylla » qui signifie tomber de malheurs en malheurs. Le mythe de Scylla est donc important dans notre société car, comme tous les mythes, il façonne notre manière de penser et nous fait réfléchir aux conditions humaines et divines.

     

     Wallpaper inspiré d'un jeu vidéo - Citadel of Poseidon (2001-2006)

     

     


    Nathalie S., 203