• Le jugement de Pâris

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    Pâris, fils de Priam, roi de Troie, et d'Hécube, est abandonné par ses parents à sa naissance, parce qu'une malédiction lui prédit la destruction de la ville d'Ilion. Il est alors recueilli par le berger chargé de l'abandonner, et grandit sur le mont Ida, parmi les troupeaux. Lors d'un mariage, Eris (déesse de la discorde) offensée d'être la seule divinité à ne pas avoir été invitée, lance sur la table du festin une pomme en or sur laquelle on peut lire : « A la plus belle ». Pâris doit alors choisir entre Héra, Athéna et Aphrodite, les trois grandes déesses. Chacune d'elles lui promet un cadeau magnifique pour gagner sa sympathie, mais c'est à Aphrodite, qui lui a promis la main d'Hélène, que Pâris offre la pomme de la discorde, se faisant ainsi deux ennemies, furieuses, qui ont bien l'intention de se venger.

     

     

    Mosaïque du jugement de Pâris

         
    Ce pavement en mosaïque se trouvait dans la salle à manger (triclinium) de la « maison de l'atrium », dans la riche ville romaine d'Antioche en Syrie. Il appartenait à une série de cinq panneaux d'inspiration mythologique, d'une finesse d'exécution qui suggère que le mosaïste s'était inspiré d'une peinture murale pour réaliser son décor au sol.   Le jugement de Pâris
      Mosaïque d'Antioche sur l'Oronte
      186 x 186 cm
      115-150 apr.JC
      Musée du Louvre

     

    L'assez grande taille du panneau lui permet d'accueillir cinq personnages et un grand nombre d'éléments décoratifs. Au centre, Pâris est assis au pied d'une colonne funéraire et d'un arbre, entouré d'un bétail qui indique sa qualité de berger : vache, mouton et chèvre. Il se retourne vers Hermès (Mercure), le messager des dieux reconnaissable à son caducée, venu lui demander de faire un choix entre Héra (Junon), Athéna (Minerve) et Aphrodite (Vénus).

    En face de lui à droite de la mosaïque, les trois déesses attendent le choix du jeune berger. Nous pouvons penser que la déesse assise est Héra-Junon, puissante femme de Zeus, dieu suprême. A sa gauche se trouve Athéna-Minerve, déesse de la guerre, armée d’une lance, d’un casque et d’une armure. A la droite d’Héra se tient Aphrodite-Vénus, déesse de l’amour, vêtue d’une robe bleue, couleur du voyage, du ciel, de la légèreté. La position d’Héra (assise, entourée des deux autres déesses se tenant debout) montre son pouvoir et son importance sur l’Olympe.

    Au-dessus de cette scène, deux créatures ailées rappellent que l'enjeu de ce jugement est l'amour de Pâris et d'Hélène. Le petit Eros (Cupidon) surplombe sa mère, Aphrodite-Vénus, et de l'autre côté, au-dessus d'Hermès-Mercure, c'est probablement Psyché qui est représentée.

     

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    Ce tableau de grande taille (presque quatre mètres de long) est le dernier d'une série que Rubens a consacrée à l'épisode du jugement de Pâris. Un autre tableau, moins grand et composé de manière inversée, est conservé à la National Gallery de Londres. Celui-ci du Prado a été commandé au peintre par Ferdinand d'Autriche, frère de Philippe IV, et est donc resté en Espagne depuis sa livraison.       Le jugement de Pâris
      Pierre-Paul Rubens (1577-1640)
      Peinture à l'huile sur chêne
      H: 199 × l: 379 cm
      1639
      Musée du Prado - Madrid

     

    Cette peinture est composée  en tirant parti de toute la longueur du panneau. A gauche, Hermès et Pâris se trouvent sous un arbre ; Hermès, identifié par son caducée et son chapeau ailé, est en train de tendre la pomme dorée de la discorde en direction de trois déesses, toutes les trois très dévêtues, et d'un blanc laiteux particulièrement lumineux. Pâris, de son côté, se tient le menton : il n'a manifestement pas encore choisi entre les trois beautés qui s'offrent à lui.

    Athéna se trouve à gauche, identifiée par ses armes qu'elle a déposées à terre, mais présentée d'une manière beaucoup plus sensuelle que d'habitude, les cheveux dénoués (c'est la femme de Rubens, Hélène Fourment, qui a posé pour elle). Au milieu, Aphrodite est resplendissante ; elle est entourée de deux petits anges, l'un qui la couronne et l'autre qui s'agrippe à elle comme un enfant, probablement Cupidon. A droite, une troisième femme un peu plus mûre tourne le dos au spectateur : il s'agit d'Héra, identifiée par son oiseau symbolique, le paon.

    Tous les regards des personnages sont tournés vers un point central, la pomme. Elle est mise en valeur, parce que toute l'histoire se rapporte à elle. Elle en est le fil conducteur.

     

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    Le jugement de Pâris

     
    Le jugement de Pâris
    Jean-Baptiste Regnault (1754-1829)
    Peinture à l'huile sur toile
    1820
    Staatsgalerie Stuttgart

     

     

     

     

     

    Sur cette peinture néo-classique du début du XIXe siècle, Pâris, prince troyen, fils du roi Priam, occupe tout le triangle inférieur gauche de la composition. Il est mis en valeur par une série d'accessoires rouges qui attirent l'œil : son bonnet phrygien, qui permet de l'identifier immédiatement, et aussi un drap ou un manteau sur lequel il est assis. Le rouge est une couleur vive, qui peut être associée à la fois à l’amour mais aussi à l’enfer et la guerre ; or ce sont bien les thèmes qu'implique cet épisode du choix de Pâris. Le jeune homme est par ailleurs vêtu d'une tunique jaune orangé qui fait écho à celui de la pomme d’or et des vêtements d’Athéna à l'arrière-plan. Ces couleurs chaudes ressortent d'autant plus que le décor du tableau, lui, décline des camaïeux de vert et de bleu : cette peinture est particulièrement lumineuse.

    La moitié droite du tableau est occupée par trois créatures féminines, les trois déesses entre lesquelles Pâris doit choisir pour décerner la pomme « à la plus belle » : Aphrodite, Athéna et Héra. Elles pourraient aussi évoquer les trois Grâces, mais le peintre a fait en sorte que l'épisode soit immédiatement reconnaissable. Aphrodite, en plein centre, a une posture gracieuse particulièrement sensuelle et provocatrice, dans sa blancheur éclatante et sa totale nudité : il s'agit bien de la déesse de l'amour, et c'est à elle que le jeune berger, manifestement fasciné, tend la pomme. Dépitées, les deux autres déesses sont déjà en train de s'éloigner, et sont reléguées à l'arrière-plan, décalées vers la droite. Athéna tourne sa tête casquée vers Héra, couronnée d'un diadème et accompagnée par son animal symbolique, le paon. C'est le moment où les divinités choisissent le camp qui sera le leur pendant la guerre de Troie : Aphrodite favorisera les Troyens, tandis qu'Athéna et Héra défendront les Grecs de tout leur pouvoir.

     


    Emma F. et Aymeric H., 1S6


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