• Le cheval de Troie

    La mort de Laocoon   Menu Guerre de Troie   La mort de Priam

     

    La ville de Troie, capitale de la  Troade, est assiégée depuis dix ans par les Grecs, qui commencent à désespérer de la prendre un jour. Soudain, l'un d'entre eux, Ulysse, a une idée lumineuse : bâtir un énorme cheval de bois suffisamment grand pour que plusieurs soldats puissent se glisser à l'intérieur. Ils amènent ensuite ce cheval près de Troie avec un soldat qui, se faisant passer pour un traître, alors que la troupe grecque lève le camp et semble abandonner le siège, réussit à convaincre les Troyens que le cheval est une offrande à Athéna et que le faire entrer dans la ville la protégera définitivement de l'ennemi. Croyant la guerre terminée, les Troyens festoient et se réjouissent : ils ne se rendent pas compte qu'ils viennent de faire entrer les ennemis dans leur ville.

     

     

    Cheval de Mykonos

         
    Le cheval de Troie   Cette scène en bas-relief sur terre cuite se trouve sur le col d'un grand pithos d'1,34 m de haut découvert en 1961 sur l'île de Mykonos, entièrement consacré à l'Ilioupersis, la destruction de Troie. Il s'agit de l'une des œuvres d'art les plus anciennes consacrées à cet épisode.
    Pithos en terre cuite sculpté en bas-relief  
    VIIe s. av.JC  
    Musée de Chora - Mykonos  

     

    On comprend qu'il ne s'agit pas d'un véritable animal mais plutôt d'une construction humaine : de petites fenêtres sculptées dans ses flancs et son encolure laissent voir les soldats grecs, cachés à l'intérieur. L’un d’eux tient à la main une épée massive et d’autres, sur le dos du cheval, sont prêts à passer à l'attaque. Les Troyens sont représentés en bas à droite du cheval et les Grecs en haut à gauche .

    La technique est géométrique, avec une prédominance de formes rondes et carrées, et le style est archaïque : le décor est incisé, les proportions des personnages et des objets pas du tout respectées, et les gestes sont exagérés.

    Nous pouvons deviner plusieurs moments de l'épisode du cheval de Troie sur ce vase. D'abord, l'épisode où les Grecs restent repliés dans leur cheval de bois pendant que les Troyens les font entrer dans la ville. Puis la sortie des Grecs pour piller la cité : la masse du cheval et les nombreux soldats grecs présents nous avertissent de la défaite des Troyens. Le registre dominant de cette scène est donc tragique, puisqu'après la sortie des Grecs, la mort des Troyens, victimes de cette ruse, est inéluctable .

    J'ai choisi cette amphore en poterie car je trouve sa technique très différente de celle des tableaux habituels.

    *

     

    Enluminure du cheval de Troie

         
    Cette enluminure occupe une page entière d'un manuscrit du Recueil des Histoires de Troie achevé en 1465 par Raoul Lefèvre. Il s'agit d'une version romancée de la guerre de Troie, à la manière des romans de chevalerie. Cette réécriture a connu un succès considérable, comme en témoignent les vingt-cinq manuscrits, souvent richement enluminés, qui sont parvenus jusqu'à nous.   Le cheval de Troie
      Enluminure sur parchemin
      Illustration d'un manuscrit
    de Raoul Lefèvre
      Recueil des histoires de Troie
      Ms Français 22552, fol.277v - 1495
      Bibliothèque nationale de France

     

    L'image représente la scène où les Grecs, grâce au cheval de Troie, attaquent par surprise les Troyens. Elle représente en plusieurs plans chronologiques tout le déroulement de la prise de Troie, mais de manière anachronique, puisque cette ville a une architecture occidentale et médiévale qui n'a rien à voir avec l'antiquité grecque.

    Au premier plan, au centre, le flanc du cheval de Troie est ouvert : Ulysse et ses soldats constituent un groupe décidé à exterminer les habitants de Troie saisis dans leur sommeil et à incendier la ville : une échelle va leur permettre de descendre des flancs du cheval. Juste derrière, le mur d'enceinte de la cité des Troyens a été abattu, pour laisser passer le cheval, qui est représenté aussi grand que la tour d'entrée, ce qui n'est pas réaliste. Plus loin, un groupe de soldats grecs attaque les Troyens, qui sont habillés de la même façon que les soldats qui se tapissent dans le cheval. Un peu plus loin encore, des Troyens sont à terre, et l'arrière-plan montre la prise de la ville.

    La technique de l'enluminure est très fréquente au Moyen Age. Le petit format de la miniature impose de grossir les traits, ce qui rend le message explicite et ici épique, en raison du décor et des soldats grecs qui sont représentés en masse.

     

     *

     

    Cheval de Tiepolo

         
    La procession du cheval de Troie   Giovanni Domenico Tiepolo est le fils de Giambattista Tiepolo, l'auteur des fresques d'Iphigénie et Briséis ; ils ont travaillé tous deux à la villa Valmarana trois ans auparavant. Cette esquisse complète une autre toile consacrée à la construction du cheval de Troie, dont elle est la suite chronologique.
    Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804)  
    Peinture à l'huile sur toile  
    H: 38,8 x 66,7 cm  
    vers 1760  
    National Gallery, Londres  

     

    Sur ce tableau, on voit d'abord la statue géante du cheval de Troie sur des roulettes, en gros plan au centre. Curieusement, il est peint comme un véritable cheval, avec des muscles, une crinière et une queue abondantes, et non pas comme une construction en bois.

    Il est tiré par les Troyens pour le faire entrer dans la ville : un groupe de soldats sur la gauche le pousse tandis que les femmes troyennes le tirent avec des cordes, par devant et sur les côtés. On peut deviner que le cheval est assez lourd et imposant, car les personnages sont en plein effort.

    Encore une fois, les personnages sont présentés en petite taille par rapport au cheval. Le peintre a voulu mettre en évidence l'offrande qui, en réalité, est destinée à piéger les Troyens. En arrière plan, on peut en effet distinguer les remparts de la cité, dont une partie a été abattue pour laisser passer l'animal. D'ailleurs le reste des Troyens se presse pour assister à l'arrivée de cette fameuse « offrande » faite par les dieux.

    Cette scène est tragique, car les Troyens vont tous périr, mais ils l'ignorent : seul le spectateur sait que cette entrée du cheval de Troie dans la ville signe leur arrêt de mort, et c'est pourquoi j'ai choisi ce tableau.

     


    Alissa B., 1ES1 et Marie B., 1S6


    La mort de Laocoon   Menu Guerre de Troie   La mort de Priam