• La mort de Patrocle

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    Durant la guerre de Troie, Agamemnon, le chef des Grecs, et Achille entrent en désaccord. Pour manifester son mécontentement, ce dernier décide de ne plus retourner au combat. Malgré de nombreuses supplications de Patrocle, il refuse obstinément d'aider les Grecs, même lorsqu'ils subissent de lourdes défaites. Alors Patrocle décide de partir se battre en se faisant passer pour Achille, et en revêtant ses armes. Malheureusement pour lui, il se fait tuer par Hector, qui récupère les armes d'Achille. Le cadavre de Patrocle, lui, est ramené au camp des Grecs qui lui offrent de magnifiques funérailles.

     

     
    Achille pansant Patrocle
    Peintre de Sosias
    Kylix attique à figures rouges
    vers 500 av.JC
    Altes Museum - Berlin

     

     

    Achille et Patrocle

     

    Nous pouvons voir ici Achille donnant des soins à Patrocle. Leurs corps s'adaptent remarquablement à la forme ronde imposée par l'intérieur de la coupe : le dos d'Achille s'arrondit en suivant le bord du vase, tandis que la jambe gauche de Patrocle s'y appuie.

    Les têtes des deux personnages sont tournées vers la gauche, mais Achille regarde avec attention la blessure de Patrocle, tandis que celui-ci détourne la tête, probablement pour masquer sa douleur, et regarde vers le sol. Le bandage ressort nettement : c’est le seul élément blanc, qui tranche sur les teintes noires et ocres de cette céramique à figures rouges, par ailleurs décorée avec beaucoup de précision. De plus, le bandage est situé au centre exact du cercle de la coupe.

    On ressent une certaine complicité, et même une osmose entre les deux personnages : ils entourent la blessure de leurs mains, dans une composition orientée vers le centre de l'objet, qui met en évidence les soins apportés par Achille. On comprend d'autant mieux quelle douleur et quelle rage il va ressentir bientôt, lorsqu'il apprendra la mort de son ami.

     

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    La mort de Patrocle
     
    Ménélas portant le corps de Patrocle
    dit « Groupe Pasquino »
    Sculpture en marbre du Ier s. apr.JC
    d'après un original du IIIe s. av.JC
    Installé dans la loggia dei Lanzi en 1741
    Piazza della Signoria, Florence

     

     

    Ce groupe sculpté représente un guerrier, peut-être Ménélas, soutenant le corps sans vie de Patrocle. La composition triangulaire du groupe soude les deux personnages et surtout souligne le poids du cadavre, dont les bras touchent le sol et la tête est basculée en arrière. Il est totalement nu, parce qu'Hector vient de le dépouiller des armes qu'il portait au combat et qui étaient celles d'Achille ; cette nudité accentue l'impression de vulnérabilité pathétique que produit ce personnage.

    Ménélas au contraire est armé, il porte un casque, et nous pouvons deviner une épée derrière le torse de Patrocle. Il se penche pour soulever le corps, mais regarde devant lui, certainement en quête d'une aide : si d'autres Grecs n'accourent pas, il aura du mal à emporter le jeune homme et à le mettre à l'abri, hors du champ de bataille.

     

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    Les funérailles de Patrocle

     
    Les funérailles de Patrocle
    Jacques-Louis David (1748-1825)
    Peinture à l'huile sur toile
    H: 94 x l: 218 cm
    1778
    Galerie nationale d'Irlande, Dublin

     

     

     

     

     

     

    Ce tableau d'assez grand taille (plus de deux mètres de long) permet au peintre de mettre en scène la foule des Grecs assistant aux funérailles de Patrocle, largement décrites dans l'Iliade d'Homère.

    Le cadavre de Patrocle est au centre, sur un lit funéraire, rendu visible par les couleurs blanche et jaune qui contrastent avec les autres teintes plus sombres du décor. On remarque ses armes à ses pieds. Patrocle se trouve au pied du bûcher très haut sur lequel on va le hisser pour le brûler.

    A côté de lui, Achille, reconnaissable à un immense casque à plumes très anachronique, manifeste sa douleur par des marques assez barbares de respect dû au mort : on remarque, accroché à son char en bas à droite, le cadavre nu d'Hector, auquel il refuse toujours la sépulture. De l'autre côté du tableau, en position symétrique, on s'apprête à égorger un prisonnier, lui aussi entièrement nu.

    Il semble régner un désespoir ou une panique dans la foule, chacun regarde dans une direction différente, ne sachant plus où donner du regard. Certains pleurent et se morfondent, les attitudes sont grandiloquentes.

     


    Emma F. et Aymeric H., 1S6 


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