• La mort d'Achille

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    Avant la guerre, un oracle avait prédit la mort d'Achille sous les murs de Troie. Thétis, sa mère, pour lui éviter ce destin, le rendit invincible en le trempant dans le Styx en le tenant par le talon. Mais pendant la guerre de Troie, au cours d'une bataille, Achille force les Troyens à rentrer dans la ville. Pâris, resté en retrait, le tue d'une flèche dans le talon. Son corps est emporté par Ajax fils de Télamon jusque dans le camp des Grecs..

     

    Achille et Ajax

         
    Le « vase François » est un grand cratère, qui tire son nom de l'archéologue italien Alessandro François, qui l'a découvert en 1844 dans la nécropole de Vulci, en Etrurie. Il s'agit du plus ancien cratère attique à figures noires que nous connaissons, et l'un des plus impressionnants : il contient 270 sujets différents et 121 inscriptions.    Ajax ramenant le corps d'Achille
      Vase François
      Ergotimos (céramiste) et Clitias (peintre)
      Cratère attique à figures noires
      570 av.JC
      Musée national archéologique de Florence

     

    L'image qui nous intéresse appartient à un ensemble de scènes consacrées à l'histoire d'Achille, avec les noces de ses parents, Thétis et Pélée, les funérailles de Patrocle, et le retour d'Ajax ramenant Achille mort sur son dos.

    C'est de cette scène qu'il s'agit ici : on lit sur les côtés les noms des personnages présents, ΑΧΙΛΕΥS « Achille » à l'envers, et AIAS« Ajax », à l'endroit, dans une graphie assez archaïque.

    Ajax est nu, avec un casque de guerre qui ne laisse transparaître que son œil et ses long cheveux frisés. Il a un genou au sol et porte sur son épaule gauche le cadavre d'Achille, récupéré par les Grecs au cœur de la bataille. Tous ses muscles sont bandés, il tente de soulever la dépouille du plus puissant des héros. Sur ses muscles, des lignes blanches incisées par l'artiste sur la figure noire accentuent leur tension.

    Achille est étendu sur son épaule, il est très grand ; lui aussi est nu, son visage est crispé, ses yeux fermés. Son corps est disproportionné, ses mains sont immenses et ses pieds minuscules. J'ai choisi cette œuvre à cause de la force qu'elle dégage grâce à la simplicité de sa réalisation.

     

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    Peinture de Füssli

         
    Thétis pleurant la mort d'Achille   Johann Heinrich Füssli est célèbre pour ses tableaux cauchemardesques et fantastiques, précurseurs du romantisme et plus tard du surréalisme. Ce tableau peint à « tempera », technique consistant à utiliser une émulsion de couleurs sur un support en carton, est très représentatif de l'aspect apocalyptique de certaines de ses oeuvres.
    Johann Heinrich Füssli (1741-1825)  
    Tempera sur carton  
    H: 41,8cm x l: 55,8cm  
    1780  
    Institut d'art de Chicago  

     

    Les plages de Troie, au bord de la mer Egée, sont ici représentées de manière surréaliste. Les vagues sont peintes comme par un enfant, représentées par de petits triangles à la surface de l'eau. Un rocher énorme surgissant du sable de la plage est visible sur la droite du tableau, tandis que le ciel est noir, comme en pleine nuit, traversé par des anges et des éclairs blancs contrastant avec le ciel macabre, déchiré par la tempête.

    Il s'agit d'un « paysage état d'âme » : la gamme de couleurs sombres, telles que le gris et le noir, suggère le désespoir de Thétis, la mère d'Achille. Au centre du tableau en effet, au premier plan, Achille est étendu, mort, sur la plage ; il est nu, sans ses sandales qui protégeaient ses talons, mais il gît sur le bouclier forgé par Héphaïstos, et sa lance est à sa gauche. Au second plan, à droite, on observe des rochers bruts, et au centre de ces rochers une femme très légèrement vêtue, en train de courir vers Achille dans un geste de désespoir. Il s'agit en fait d'une nymphe du nom de Thétis, qui est la mère d'Achille.

    J'ai choisi cette œuvre en raison de l'originalité de sa technique, qui tranche avec les tableaux classiques, notamment grâce à une représentation quasi cubiste du personnage central et du décor qui l'entoure.

     

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    Achille de l'Achilleion

         
    Achille mourant   Cette sculpture a été réalisée en 1884 par le sculpteur allemand Ernst Herter, un spécialiste des sujets mythologiques. Cette œuvre est une commande de l'impératrice d’Autriche Elisabeth, dite Sissi, exposée dans les jardins de l'Achilleion, un palais érigé en l'honneur du héros de la guerre de Troie, idole de l'impératrice.
    Ernst Herter (1846-1917)  
    Sculpture sur marbre  
    1884  
    Jardins de l'Achilleion - Corfou  

     

    La sculpture est taillée dans un seul bloc de marbre blanc, imposant une impression de force. Elle représente Achille allongé sur le côté gauche et s'appuyant sur sa main gauche. Il est nu, à l'exception d'une draperie couvrant son sexe et d'un casque grec typique. Il lève la tête, le regard rivé vers le ciel, comme pour exprimer une douleur et une faiblesse profondes. Il a le torse bombé, ce qui suggère une certaine fierté et une grande noblesse, malgré la mort imminente. Son genou gauche est plié, sa jambe droite est allongée. Ses muscles contractés expriment une douleur profonde, ainsi que les nombreuses veines saillantes.

    Achille n'est plus maître de son destin et s'en remet aux dieux. Son talon droit est percé par une flèche, qui lui a été envoyée par Pâris, lui-même guidé par Apollon pour punir le demi-dieu qui se croyait aussi puissant que les dieux. Achille, de sa main droite, essaye de retirer la flèche de son talon, mais il est trop tard : son attitude est pathétique, et nous emplit de tristesse et de pitié envers ce héros.

     


    Arthur A. et Paul-Elias T., 1S6 


     

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