• Jason et les Harpies (1)

       

     

    Dans la mythologie grecque, un certain nombre de monstres avaient la tête d'une femme et le corps d'un oiseau. C'est en particulier le cas des Sirènes et des Harpies, des créatures qui ont croisé la route de deux héros voyageurs, Ulysse et Jason. Nous allons ici nous intéresser aux Harpies.

     

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    Comparaison de textes

     

     

    Texte antique

     

    Apollonios de Rhodes, Les Argonautiques, II,  (IIIe s. av. JC)

     

    Un fils d'Agénor, Phinée, faisait sa demeure sur ce rivage. Apollon lui avait accordé depuis longtemps le don de prévoir l'avenir ; faveur dangereuse qui devint la source de tous ses malheurs. Sans respect pour le maître des dieux, il découvrait hardiment aux mortels ses décrets sacrés. Zeus irrité le condamna à une éternelle vieillesse, priva ses yeux de la douce lumière du jour, et voulut qu'il ne pût jamais se rassasier d'aucun mets. En vain ceux qui venaient consulter ses oracles lui en apportaient sans cesse de nouveaux ; les Harpies, fondant tout à coup du haut des cieux, les lui arrachaient de la bouche et des mains. Quelquefois pour prolonger ses tourments en soutenant sa misérable vie, elles lui abandonnaient de légers restes, sur lesquels elles répandaient une odeur si infecte que personne n'aurait eu le courage non seulement de s'en nourrir, mais même d'en supporter de loin la puanteur.

    Phinée n'eut pas plus tôt entendu la voix des Argonautes et le bruit de leur débarquement qu'il comprit aussitôt qu'ils étaient les étrangers dont l'arrivée, suivant les décrets de Zeus, devait mettre fin au plus cruel de ses maux. Semblable à un fantôme, il sort de son lit, et s'appuyant sur un bâton, il traîne en tâtonnant le long des murs ses pieds chancelants. Tous ses membres, épuisés par la faim et la vieillesse, tremblent à chaque pas. Son corps est sale et hideux. Une peau desséchée recouvre à peine ses os. Il arrive au seuil de sa porte et s'y assied accablé de lassitude. Au même instant, un ténébreux vertige s'empare de ses sens, la terre lui semble tourner sous ses pieds, sa bouche est muette, il perd le sentiment et reste évanoui. Les Argonautes l'ayant aperçu s'approchent de lui, l'environnent et sont saisis d'effroi. Tout à coup de longs soupirs sortent du fond de sa poitrine. Inspiré par un dieu, il fait entendre ces mots :

    « Écoutez, ô les plus braves de tous les Grecs. Si c'est vous que par l'ordre cruel de son roi, Jason conduit sur le navire Argo à la conquête de la Toison d'or. Mais je n'en puis douter, c'est vous-mêmes... Fils de Latone, dieu puissant, je te rends grâce au milieu de mes maux, rien n'échappe encore à mon esprit pénétrant. Je vous conjure donc par Zeus qui protège les suppliants et punit sévèrement les cœurs impitoyables ; au nom d'Apollon et de Héra, qui vous favorisent plus que toutes les autres divinités, ayez pitié de moi, soulagez mes maux. Ne partez pas sans avoir compassion d'un infortuné dont vous ne connaissez pas encore toute la misère. Non seulement une impitoyable Furie m'a ravi les yeux, non seulement je traîne une vieillesse éternelle, un tourment cent fois plus horrible encore m'assiège sans cesse. Des Harpies cruelles m'arrachent ma nourriture. A peine j'essaie d'apaiser la faim qui me dévore qu'elles fondent tout à coup sur moi d'un repaire invisible, d'où elles m'observent avec tant de soin, qu'il m'est aussi impossible de me dérober à leurs regards que de me cacher à moi-même. Si par hasard elles laissent devant moi quelque chose, il s'en exhale une odeur si insupportable qu'avec un cœur d'airain on ne saurait en approcher. Cependant l'affreuse nécessité de la faim l'emporte, me retient et me force d'avaler le reste. Fils de Borée, c'est à vous qu'il est réservé de chasser d'auprès de moi ces monstres odieux. En me secourant, vous n'obligerez pas un étranger. Phinée, que ses richesses et sa science ont rendu autrefois célèbre parmi les mortels, est fils d'Agénor, et j'obtins pour épouse votre sœur Cléopâtre, lorsque je régnais sur les Thraces. »

    Phinée se tut, et les Argonautes restèrent pénétrés de la plus vive compassion. Les deux fils de Borée, encore plus touchés que les autres, s'approchèrent de lui en essuyant leurs larmes ; Zéthès lui prit la main, et lui dit : « Ô le plus infortuné des mortels ! comment de si grands maux sont-ils venus fondre sur vous ? Sans doute vous avez excité la colère des dieux par des prédictions indiscrètes. Nous brûlons du désir de vous secourir, mais nous craignons leur vengeance, toujours si terrible pour les faibles humains, et nous n'oserons chasser les Harpies, qu'après que vous nous aurez juré que notre action ne déplaira point aux Immortels.

    - Cesse, ô mon fils ! dit le vieillard entrouvrant ses yeux privés de lumière et les tournant vers Zéthès, cesse de me tenir de semblables discours. J'en jure par le fils de Latone, de qui j'ai reçu l'art de prévoir l'avenir, par le sort affreux qui me tourmente, par le nuage répandu sur mes yeux, par les divinités infernales (et puisse leur courroux, si je te trompe, me poursuivre encore après ma mort), non, vous n'offenserez pas les dieux en me secourant. »

    Rassurés par ce serment, Calaïs et Zéthès brûlent déjà d'impatience de se signaler. Un repas, dernière proie des Harpies, est bientôt préparé et servi devant le vieillard. Ils se placent à ses côtés, tenant en main leurs glaives, et attendent l'instant d'exécuter leur dessein. Phinée eut à peine touché un des mets, que ces monstres affamés, s'élançant avec un bruit affreux du sein des nues, fondirent tout à coup sur la table avec la rapidité des tourbillons ou des éclairs. Les Argonautes poussèrent en les voyant de grands cris. Tout fut dévoré en un instant, et elles s'envolèrent au-dessus des mers aussi rapidement qu'elles étaient venues, laissant après elles une odeur insupportable. 

    Les fils de Borée, que Zeus remplit en ce moment d'une vigueur infatigable, les poursuivent avec une égale vitesse et les menacent sans cesse de leurs épées. Tels que des chiens bien dressés prêts d'atteindre à la course une biche légère, s'efforcent de la saisir en allongeant le cou, mais la proie leur échappe, et leurs dents résonnent inutilement, tels les fils de Borée touchent sans cesse les Harpies sans pouvoir les saisir. Enfin ils les atteignaient, et, contre la volonté des dieux, ils allaient les exterminer près des îles Plotées lorsque la légère Iris, traversant les airs, arrêta leurs bras par ce discours : « Fils de Borée, respectez les Harpies, ce sont les chiens de Zeus. Je vous jure par le Styx, redouté des dieux mêmes, qu'elles n'approcheront plus à l'avenir de la demeure de Phinée. » Calaïs et Zéthès ayant entendu ce serment, retournèrent vers le vaisseau, laissant le nom d'îles du Retour à celles qu'on appelait auparavant Plotées. Iris regagna l'Olympe d'un vol rapide, et les Harpies se réfugièrent dans une caverne de l'île de Crète.

    Cependant les Argonautes, après avoir purifié le corps du malheureux vieillard, immolèrent aux dieux des brebis choisies parmi celles qu'ils avaient enlevées des étables d'Amycus, et préparèrent un grand festin dans le palais de Phinée qui était assis avec eux et mangeait avidement, ne sachant encore si son bonheur n'était pas un songe. Le repas achevé, ils veillèrent ensemble, en attendant le retour des fils de Borée. Phinée, placé au milieu d'eux près du foyer, leur annonçait la route qu'ils devaient suivre pour arriver au terme de leur navigation.

     

     

    Textes contemporains

     

    Edith Hamilton, La Mythologie, ses dieux, ses héros, ses légendes, 1942

     

    Edith Hamilton (1867-1963) était une helléniste américaine qui a su brillamment vulgariser la mythologie grecque. Elle en fait ici la démonstraton avec l'épisode consacré aux Harpies.

     

    L’aventure suivante fut leur rencontre avec les Harpies, ces monstres ailés au bec et aux griffes crochus qui laissaient toujours derrière elles une odeur si infecte qu’elle donnait la nausée à toute créature vivante. Tout près de l’endroit où les héros avaient mis leur nef à l’échouage, vivait un vieillard solitaire et misérable qu’Apollon, le véridique, avait doué du don de prophétie ; il prédisait infailliblement l’avenir et ceci déplaisait à Zeus qui aimait draper ses actes de misère - en quoi il se montrait judicieux aux yeux de tous ceux qui connaissaient Héra. Mécontent, Zeus avait donc infligé un affreux châtiment au vieil homme. Chaque fois qu’il se proposait de prendre un repas, les Harpies - que l’on nommait aussi les créatures de Zeus -s’abattaient sur sa nourriture et la souillaient, la laissant si peu appétissante que personne ne pouvait plus s’en approcher et moins encore la manger. Quand les Argonautes aperçurent ce pauvre vieillard - qui s’appelait Phineus - il ressemblait à un spectre se traînant sur des pieds desséchés, il tremblait de faiblesse et seule sa peau retenait ensemble les os de son corps. Il les accueillit avec transports et les supplia de venir en aide. Son don prophétique lui avait appris que seuls deux hommes pouvaient le sauver des Harpies - deux hommes qui se trouvaient précisément sur l’Argo, les fils de Borée, le Vent du Nord. Tous l’écoutèrent avec pitié, et les deux frères lui promirent avec empressement leur concours.

    Tandis que les autres lui offraient de la nourriture, les fils de Borée se tinrent à ses côtés, leurs épées dégainées. Il avait à peine porté une bouchée à ses lèvres que les détestables Harpies fondirent du ciel sur les mets, les dévorèrent et repartirent à tire-d’aile, laissant derrière elles une odeur méphitique. Mais les fils rapides du Vent les poursuivirent ; ils les rattrapèrent, les frappèrent de leurs épées et les auraient certainement taillées en pièces si Iris, la messagère des dieux, glissant sur son arc-en-ciel, ne les en avaient empêchés. Il leur fallait renoncer à exterminer la meute de Zeus, leur dit-elle, mais elle jura par les eaux du Styx, le serment que nul ne peut rompre, que les monstres ne reviendraient plus jamais troubler Phineus. Tout heureux, les deux frères revinrent ; ils réconfortèrent le vieillard, qui, dans sa joie, festoya toute la nuit avec les héros.

     

     

     

    Les Argonautes sont les compagnons de Jason. Ils l’ont notamment aidé à retrouver la Toison d’or. Le mythe de Phinée fait partie de leurs nombreuses aventures. On le trouve dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes, une épopée hellénistique du IIIe siècle av.JC, et dans une réécriture moderne d'Edith Hamilton. Nous montrerons d'abord comment chacun des deux auteurs décrit les Harpies, puis, nous nous questionnerons sur la place de ces monstres dans le mythe, et enfin nous valoriserons les différentes formes d’aides extérieures apportées à Phinée.

     

    Tout d'abord, les Harpies sont présentées comme des créatures hideuses. Mais quels sont exactement les procédés qui permettent une telle description ?

    Apollonios de Rhodes insiste sur leur caractère bestial en les comparant à des animaux : « Ce sont les chiens de Jupiter ». Edith Hamilton les définit comme des créatures monstrueuses et rapaces : « Ces monstres ailés au bec et aux griffes crochus [...] que l’on nommait aussi les créatures de Zeus ». La voracité des Harpies est évoquée dans les deux textes grâce à un vocabulaire spécifique : « affamés », « s’élançant », « fondirent », « rapidité », « tourbillons », « éclairs » et « dévorèrent ».

    Il est important d’ajouter que les auteurs reviennent à plusieurs reprises sur l’odeur méphitique, insupportable, toxique, des Harpies. Edith Hamilton écrit qu'elles « laiss[ent] derrières elles une odeur méphitique ». Apollonios, de son côté, avait insisté sur ce point en ménageant une gradation : « laissant après elles une odeur insupportable », « elles répandaient une odeur si infecte que personne n'aurait eu le courage non seulement de s'en nourrir, mais même d'en supporter de loin la puanteur. » ) et « Si par hasard elles laissent devant moi quelque chose, il s'en exhale une odeur si insupportable qu'avec un cœur d'airain on ne saurait en approcher.» Le poète insiste de plus en plus, au fur et à mesure du texte, sur l’odeur que les Harpies laissent après avoir dévoré tous les mets de Phinée.

     

    Les auteurs insistent donc tous les deux sur la laideur et la voracité des Harpies, ainsi que l’odeur insupportable qu’elles dégagent. Mais quelle est la place de ces monstres dans le mythe ?.Nous aborderons à présent la nature, les causes et les conséquences du châtiment de Phinée infligé par Zeus.

     

    Certes, le don du vieil homme est divin, car il lui a été offert par Apollon : « Apollon lui avait accordé depuis longtemps le don de prévoir l’avenir ». Mais a-t-il pour autant apporté seulement des satisfactions à Phinée ? Les deux textes nous prouvent que non : Apollonios précise que « Apollon lui avait accordé depuis longtemps le don de prévoir l'avenir ; faveur dangereuse qui devint la source de tous ses malheurs. Sans respect pour le maître des dieux, il découvrait hardiment aux mortels ses décrets sacrés. Zeus irrité le condamna à une éternelle vieillesse, priva ses yeux de la douce lumière du jour, et voulut qu'il ne pût jamais se rassasier d'aucun mets. ») et Edith Hamilton complète : « Il prédisait infailliblement l’avenir et ceci déplaisait à Zeus qui aimait draper ses actes de misère - en quoi il se montrait judicieux aux yeux de tous ceux qui connaissaient Héra. ». En somme, les dieux sont souvent à l’origine des châtiments humains, et ceux-ci peuvent parfois paraître injustes, comme dans le cas de Phinée.

    Le châtiment est des plus terribles. Les Harpies dévorent tous les repas de Phinée, point sur lequel les auteurs s’accordent. Apollonios de Rhodes écrit : « Les Harpies, fondant tout à coup du haut des cieux, les lui arrachaient de la bouche et des mains. » et l’auteure contemporaine enchérit : « Chaque fois qu’il se proposait de prendre un repas, les Harpies - que l’on nommait aussi les créatures de Zeus -s’abattaient sur sa nourriture et la souillaient, la laissant si peu appétissante que personne ne pouvait plus s’en approcher et moins encore la manger. »  Zeus se sert des Harpies pour punir Phinée, et on peut rappeler qu'en effet elles ont été décrites comme les « créatures » de Zeus.

    Les conséquences sont terribles pour le vieil homme. On éprouve de la pitié à son égard lorsqu’Edith Hamilton décrit « un vieillard solitaire et misérable » et lorsqu’elle nous fait part de son état de manière plus approfondie : « Il ressemblait à un spectre se traînant sur des pieds desséchés, il tremblait de faiblesse et seule sa peau retenait ensemble les os de son corps. » Ainsi, les Harpies sont perçues comme des créatures indirectement violentes. Apollonios de Rhodes les avait décrites de la même manière : « Semblable à un fantôme, il sort de son lit, et s'appuyant sur un bâton, il traîne en tâtonnant le long des murs ses pieds chancelants. Tous ses membres, épuisés par la faim et la vieillesse, tremblent à chaque pas. Son corps est sale et hideux. Une peau desséchée recouvre à peine ses os. Il arrive au seuil de sa porte et s'y assied accablé de lassitude. Au même instant, un ténébreux vertige s'empare de ses sens, la terre lui semble tourner sous ses pieds, sa bouche est muette, il perd le sentiment et reste évanoui. ». Dans le texte antique, Phinée tente de convaincre les Argonautes de l’aider en accumulant des faits qui inspirent la pitié : «  Non seulement une impitoyable Furie m'a ravi les yeux, non seulement je traîne une vieillesse éternelle, un tourment cent fois plus horrible encore m'assiège sans cesse. Des Harpies cruelles m'arrachent ma nourriture. A peine j'essaie d'apaiser la faim qui me dévore qu'elles fondent tout à coup sur moi d'un repaire invisible, d'où elles m'observent avec tant de soin, qu'il m'est aussi impossible de me dérober à leurs regards que de me cacher à moi-même. Si par hasard elles laissent devant moi quelque chose, il s'en exhale une odeur si insupportable qu'avec un cœur d'airain on ne saurait en approcher. Cependant l'affreuse nécessité de la faim l'emporte, me retient et me force d'avaler le reste. »

     

    Les Harpies occupent donc une place importante dans ce mythe et jouent un rôle dévastateur dans la vie de Phinée. Mais qui lui a apporté son aide, et de quelle manière ?

     

    On vient de voir que Phinéea tenu un discours devant les Argonautes afin de les convaincre de lui venir en aide. Les héros éprouvent beaucoup de compassion pour lui : « Les Argonautes restèrent pénétrés de la plus vive compassion. Les deux fils de Borée, encore plus touchés que les autres, s'approchèrent de lui en essuyant leurs larmes ; Zéthès lui prit la main ». Dans l'épopée d'Apollonios, ce sont «  Calaïs et Zéthès [qui] brûlent déjà d'impatience de se signaler. » Dans les deux versions de la légende, ils poursuivent les Harpies. Mais alors que les Argonautes ont recours à la violence pour aider Phinée, Iris, la messagère des dieux, aide le vieil homme en apportant la paix sur tous, même sur les Harpies. L’auteure contemporaine exprime le sentiment de sérénité et de réconfort qu’apporte la venue d’Iris, en écrivant qu' « Iris, la messagère des dieux, jura par les eaux du Styx, le serment que nul ne peut rompre, que les monstres ne reviendraient plus jamais troubler Phineus. » Le vocabulaire employé par Apollonios de Rhodes traduit lui aussi la paix et de légèreté, lorsqu'il évoque « la légère Iris, traversant les airs ».

     

     

    En conclusion, les Harpies sont très présentes dans ce mythe. Leurs descriptions sont très détaillées, leur place est importante car elles constituent le châtiment de Phinée et elles sont à la fin arrêtées par les Argonautes et Iris. Le châtiment divin est au cœur de cet épisode : c’est en effet Zeus qui envoie les Harpies punir Phinée. Reste à avoir si le châtiment infligé est bien mérité : c'est l'éternelle question de la condition humaine et du rapport des mortels aux dieux. Ces deux textes racontent le même mythe, et de manière assez semblable : on peut considérer qu'Edith Hamilton a réécrit le texte antique, pour le rendre plus accessible à un public qui aurait peut-être eu du mal à lire l'épopée antique. Cependant, nous avons préféré la version d’Apollonios de Rhodes, car elle est plus détaillée.

     

     

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    Galerie d'images

     

    Phinée et les Harpies
    Hydrie attique à figures rouges
    v.480 av.JC
    John Paul Getty Museum - Malibu

     

     

     

     

     

    Harpye
    Gravure de Joseph Alexandre Le Campion
    1784
    Gallica - BnF

     

     

     

     

     

    Ces deux images nous montrent des visions de Harpies à deux époques différentes, dans l'antiquité et à la fin du XVIIe siècle. Si elles sont présentées dans les deux cas comme des monstres mi-humains mi-oiseaux, elles n'ont pas la même signification. L'hydrie antique évoque la légende de Phinée, privé de nourriture par des Harpies qui venaient le persécuter sur ordre de Zeus. En revanche, la gravure de 1784 est une caricature évoquant la reine Marie-Antoinette, particulièrement peu populaire à la veille de la Révolution et présentée comme un monstre dévorant les richesses du royaume. Dans ce cas, c'est le sens figuré du nom « harpie » qui est ici illustré.

     

     


    Manon R. et Nathalie S., 203