• Histoire de la bibliothèque d'Alexandrie

     

    Dans le film Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud, la bibliothèque est l'élément clé : c'est autour d'elle que tourne toute l'intrigue. En effet, les meurtres sont liés à cette bibliothèque secrète, cachée depuis le début, et les énigmes vont tout ramener à ce lieu. Elle est grande, et occupe la quasi totalité des lieux. Nous pouvons alors la comparer à la bibliothèque d'Alexandrie, qui elle aussi possède une structure imposante. De plus, à la fin du film, lorsque Guillaume et Adso arrivent à y pénétrer, elle se met à brûler, ce qui rappelle la bibliothèque d'Alexandrie, brûlée elle aussi, car les deux contiennent des savoirs qui vont à l'encontre des principes des chefs qui les possèdent.

     

     Bibliothèque d'Alexandrie (Agora d'Amenábar)
     Bibliothèque du Nom de la Rose

     

    Les types d'ouvrages que l'on peut trouver dans chacune d'elles sont similaires : on y trouve des textes des plus grands savants, des philosophes, etc. Elles contiennent toutes les deux des ouvrages merveilleux et incroyables qui sont aujourd'hui connus de tous, mais qui à l'époque ont pu conduire à leur perte.

    Nous allons donc nous intéresser de plus près à la bibliothèque la plus célèbre de l'antiquité, celle d'Alexandrie.

     

     

    1/ L'histoire de la bibliothèque la plus majestueuse de l'antiquité…

    Si le Phare d'Alexandrie, l'une des sept merveilles du monde, guidait les marins vers le port, tous ceux pour qui le savoir était important étaient attirés par la bibliothèque. La bibliothèque d'Alexandrie était en effet le premier centre de recherches au monde, c'était un lieu de connaissances et d'études. Elle a été en activité pendant six siècles.

     

    Construction

    Il y a peu d’informations en ce qui concerne l’emplacement et l’architecture de la bibliothèque d’Alexandrie. Toutefois, des recherches amènent à penser qu'elle se situait dans le quartier de l’ancien Bruchion, assez proche du port.


     

     

    A l’intérieur, des étagères sont placées contre les murs et des milliers de rouleaux de papyrus s’y entassent. On peut penser que les rouleaux de papyrus étaient classés par catégories, et, à l’intérieur de chaque catégorie, les auteurs sont répartis par ordre alphabétique. Les œuvres sont ensuite mentionnées par ordre alphabétique .

     

    Destruction

    L’histoire exacte de la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie s’est perdue avec le temps. Mais on sait que contrairement aux idées reçues, elle s’est faite progressivement et est due à plusieurs facteurs, notamment un incendie involontaire provoqué par César en -47 : alors que son navire est encerclé, il y met le feu, qui se propagera jusqu’à la bibliothèque et détruira de nombreux ouvrages.

    Nous pouvons d’ailleurs mettre en relation cet événement avec la destruction de la bibliothèque du film Le Nom de la Rose qui est incendiée : nous pensons en effet qu'Umberto Eco, le romancier, et J.J Annaud, le réalisateur, font un « clin d’œil » à la bibliothèque antique.

    D’autre part, en 272 lors de la bataille de l’empereur et la reine Zénobie, la bibliothèque est encore endommagée, tout comme lors des guerres de religions entre 391 et 415. C'est celle de 391 qui est représentée dans le film Agora d'Alejandro Amenábar.

     

     

    D’autres récits mentionnent l’invasion des arabes, et d’autres encore le manque de financement. Bref, la destruction de la bibliothèque reste un sujet controversé, malgré les recherches.

     

     

    2/ Une possession d'ouvrages exceptionnels grâce à des acteurs ambitieux

     La bibliothèque d'Alexandrie est la plus célèbre de l'antiquité. On dit même qu'elle est le temple du savoir universel, car elle possède une quantité infinie d'ouvrages uniques, d'astrologie, de médecine, de littérature, de mathématiques, de géographie... Il y avait donc tous les genres littéraires et de nombreux documents historiques.

    En effet, elle dispose de collections rares grâce à la volonté des pharaons Ptolémée Ier Sôter et Ptolémée II Philadelphe (283-246 avant J.C) de réunir dans leur bibliothèque-musée toutes les productions écrites humaines, et surtout les œuvres grecques ou traduites en grec (comme l'ancien testament hébreu « la Septante ») produites jusqu'à son époque.

    Les administrateurs de la bibliothèque recourent à différentes manières d'acquérir les ouvrages : les bateaux arrivant au port doivent donner les livres qu'ils possèdent dans leurs cales. Pour augmenter les collections, on emprunte beaucoup de livres dont on fait faire des copies (mais sans rien dire, on remet les copies aux propriétaires et on garde les originaux - seuls les copistes sont au courant). Pour effectuer ces copies, de nombreuses personnes sont réquisitionnées en plus des classeurs (ceux qui rangent et trient les ouvrages). Nous pouvons rapprocher cela du Nom de la Rose, car les livres interdits sont recopiés eux aussi, puis rangés dans la bibliothèque interdite. De plus dans le film, beaucoup de moines sont copistes, ce qui rappelle l'importance de cette activité dans la fameuse bibliothèque d'Alexandrie.

     

    3/  Un lieu d'échange important

    Le cours d'Hypatie dans le film Agora d'Amenábar

     

    La bibliothèque d'Alexandrie était le premier centre de recherches au monde, c'était un lieu de connaissances et d'études. Elle attirait de nombreux chercheurs importants du monde grec. Ptolémée Ier voulait que la Bibliothèque soit un univers dédié à la spéculation intellectuelle. Il encourageait le savoir et subventionnait les recherches et les frais des savants qui y résidaient. Il invita les sommités du monde entier à étudier à Alexandrie. Il y avait des écrivains, des philosophes, des savants, des chercheurs, des artistes, les hommes les plus brillants dans les disciplines littéraires et scientifiques. 

    La richesse des ouvrages contenus dans la Bibliothèque permit plusieurs découvertes surtout scientifiques. Par exemple, Euclide y composa ses Eléments, Aristarque émit l’hypothèse d'un système héliocentrique, Ératosthène calcula la circonférence de la terre, et s'intéressa aussi à la répartition des océans, des continents, aux vents, aux zones climatiques, aux altitudes des montagnes.

    Hérophile et Erasistrate firent progresser la connaissance du système nerveux et du système circulatoire. Hérophile en particulier fut le premier à pratiquer des recherches médicales sur des cadavres, alors que jusqu'à présent elles étaient pratiquées sur des animaux. Une tradition interdisait aux Grecs la dissection, mais en Égypte les embaumeurs disséquaient les morts depuis toujours : les praticiens grecs allaient donc en Alexandrie pour pouvoir pratiquer la dissection sur des corps humains.

    L'une des dernières grandes philosophes et scientifiques, Hypatie, y enseigna les préceptes de Platon et d'Aristote et fit des recherches en astronomie sur le système solaire, mais dont on n'a pas gardé de traces, puisque ses œuvres ont disparu.

     

     



    4/ Comparaison des deux bibliothèques

     

       
     

    Manuscrits scientifiques

    littéraires

    et religieux

    Même mélange

    d'ouvrages de

    genres différents

         

     

     

    Euclide (fréquente la
    bibliothèque d'Alexandrie)
      Aristote (le monastère possède
    ses ouvrages)

     

     

    Conclusion

     

    Étant donné sa réputation, la bibliothèque d'Alexandrie a été reconstruite. Les travaux débutèrent en 1955 et la bibliothèque fut inaugurée en 2002.

    Mais on peut se demander si la plus grande bibliothèque du monde se trouve actuellement en un lieu particulier de la terre : les bibliothèques numériques virtuelles, Google Books, Internet Archives, Gallica et bien d'autres commencent à tisser une toile qui est vouée à contenir bien plus de livres que n'en a jamais renfermé aucun bâtiment, si immense soit-il.

     


    Olivia M., Naïma G. et Zoé J, 201.