• Héraklès / Hercule et le sanglier d'Erymanthe

       

     

    Héraclès (Hercule en latin) est un héros extrêmement connu, notamment grâce à ses douze travaux imposés par Eurysthée,le roi d’Argolide, pour se faire pardonner d’avoir tué ses enfants dans un accès de folie. La capture du sanglier d'Erymanthe est son quatrième travail.

    Le sanglier d’Erymanthe était une bête énorme qui terrifiait les habitants du Mont Erymanthe en Arcadie. Pour le capturer le sanglier, Héraclès le pourchasse, mais voyant que le sanglier ne sort pas de sa tanière il décide de mettre au point un stratagème pour le faire sortir de sa tanière : donc il pousse de grands cris. Cela fait, Héraclès commence à pourchasser le sanglier jusqu’au sommet de la montagne et la bête, épuisée, finit par tomber dans un trou. Héraclès en profite pour la recouvrir de neige et la ligoter puis il la ramène à Eurysthée à Mycènes.

     

     

      *

    Comparaison de textes

     

    Texte antique

     

    Pseudo-Apollodore, Bibliothèque, II, 5, 4 - « Le sanglier d'Erymanthe »

     

    τέταρτον ἆθλον ἐπέταξεν αὐτῷ τὸν Ἐρυμάνθιον κάπρον ζῶντα κομίζειν· τοῦτο δὲ τὸ θηρίον ἠδίκει τὴν Ψωφῖδα, ὁρμώμενον ἐξ ὄρους ὃ καλοῦσιν Ἐρύμανθον. διερχόμενος οὖν Φολόην ἐπιξενοῦται Κενταύρῳ Φόλῳ, Σειληνοῦ καὶ νύμφης μελίας παιδί. οὗτος Ἡρακλεῖ μὲν ὀπτὰ παρεῖχε τὰ κρέα, αὐτὸς δὲ ὠμοῖς ἐχρῆτο. αἰτοῦντος δὲ οἶνον Ἡρακλέους, ἔφη δεδοικέναι τὸν κοινὸν τῶν Κενταύρων ἀνοῖξαι πίθον· θαρρεῖν δὲ παρακελευσάμενος Ἡρακλῆς αὐτὸν ἤνοιξε, καὶ μετ᾽ οὐ πολὺ τῆς ὀσμῆς αἰσθόμενοι παρῆσαν οἱ Κένταυροι, πέτραις ὡπλισμένοι καὶ ἐλάταις, ἐπὶ τὸ τοῦ Φόλου σπήλαιον. τοὺς μὲν οὖν πρώτους τολμήσαντας εἴσω παρελθεῖν Ἄγχιον καὶ Ἄγριον Ἡρακλῆς ἐτρέψατο βάλλων δαλοῖς, τοὺς δὲ λοιποὺς ἐτόξευσε διώκων ἄχρι τῆς Μαλέας. ἐκεῖθεν δὲ πρὸς Χείρωνα συνέφυγον, ὃς ἐξελαθεὶς ὑπὸ Λαπιθῶν ὄρους Πηλίου παρὰ Μαλέαν κατῴκησε. τούτῳ περιπεπτωκότας τοὺς Κενταύρους τοξεύων ἵησι βέλος ὁ Ἡρακλῆς, τὸ δὲ ἐνεχθὲν Ἐλάτου διὰ τοῦ βραχίονος τῷ γόνατι τοῦ Χείρωνος ἐμπήγνυται. ἀνιαθεὶς δὲ Ἡρακλῆς προσδραμὼν τό τε βέλος ἐξείλκυσε, καὶ δόντος Χείρωνος φάρμακον ἐπέθηκεν. ἀνίατον δὲ ἔχων τὸ ἕλκος εἰς τὸ σπήλαιον ἀπαλλάσσεται. κἀκεῖ τελευτῆσαι βουλόμενος, καὶ μὴ δυνάμενος ἐπείπερ ἀθάνατος ἦν, ἀντιδόντος Διὶ Προμηθέως αὑτὸν ἀντ᾽ αὐτοῦ γενησόμενον ἀθάνατον, οὕτως ἀπέθανεν. οἱ λοιποὶ δὲ τῶν Κενταύρων φεύγουσιν ἄλλος ἀλλαχῇ, καὶ τινὲς μὲν παρεγένοντο εἰς ὄρος Μαλέαν, Εὐρυτίων δὲ εἰς Φολόην, Νέσσος δὲ ἐπὶ ποταμὸν Εὔηνον. τοὺς δὲ λοιποὺς ὑποδεξάμενος Ποσειδῶν εἰς Ἐλευσῖνα ὄρει κατεκάλυψεν. Φόλος δὲ ἑλκύσας ἐκ νεκροῦ τὸ βέλος ἐθαύμαζεν, εἰ τοὺς τηλικούτους τὸ μικρὸν διέφθειρε· τὸ δὲ τῆς χειρὸς ὀλισθῆσαν ἦλθεν ἐπὶ τὸν πόδα καὶ παραχρῆμα ἀπέκτεινεν αὐτόν. ἐπανελθὼν δὲ εἰς Φολόην Ἡρακλῆς καὶ Φόλον τελευτήσαντα θεασάμενος, θάψας αὐτὸν ἐπὶ τὴν τοῦ κάπρου θήραν παραγίνεται, καὶ διώξας αὐτὸν ἔκ τινος λόχμης μετὰ κραυγῆς, εἰς χιόνα πολλὴν παρειμένον εἰσωθήσας ἐμβροχίσας τε ἐκόμισεν εἰς Μυκήνας. .

    Pour son quatrième travail, Héraclès devait ramener vivant le sanglier d’Érymanthe, une bête qui dévastait Psophis, lorsqu’il déboulait de la montagne appelée Érymanthe. Comme il traversait Pholoé, Héraclès rencontra le Centaure Pholos, le fils de Silène et d’une Nymphe mélienne. Pholos offrit à Héraclès de la viande rôtie alors que lui la mangeait crue. Quand ensuite Héraclès demanda du vin, il répondit qu’il n’avait pas le cœur d’ouvrir la jarre, vu qu’elle appartenait à la communauté des Centaures. Mais Héraclès lui donna du courage et Pholos ouvrit la jarre. Peu après, ayant senti l’odeur du vin, les autres Centaures arrivèrent à la caverne de Pholos, armés de pierres et de bâtons. Les premiers qui osèrent se précipiter à l’intérieur furent Anchios et Agrios, mais Héraclès les repoussa, en leur jetant des tisons ardents ; quant aux autres, il les prit pour cibles avec ses flèches, et il les pourchassa jusqu’à Malée. Là, ils se réfugièrent auprès de Chiron, que les Lapithes avaient chassé du Pélion, et qui à présent habitaient non loin de Malée. Les Centaures se pelotonnèrent derrière lui et Héraclès les visa, mais une flèche traversa le bras d’Élatos et se planta dans le genou de Chiron. Affligé, Héraclès se porta auprès de Chiron, ôta la flèche et appliqua sur la plaie les médecines que Chiron lui-même lui avait données. Mais la blessure était incurable, et Chiron se retira dans sa grotte. Il désirait mourir, ce qui était impossible, puisque par nature il était immortel. Alors Prométhée demanda à Zeus qu’il pût devenir immortel à la place de Chiron, et ainsi celui-ci put-il mourir. Les Centaures rescapés s’enfuirent dans toutes les directions : certains gagnèrent le mont Malée, Eurytion alla à Pholoé, et Nessos au fleuve Événos. D’autres furent accueillis à Éleusis par Poséidon, qui les cacha dans les montagnes. Pholos, entre-temps, avait extrait d’un cadavre une des flèches d’Héraclès, et s’étonna qu’une si petite chose ait pu tuer des créatures si grandes. Mais la flèche lui échappa des mains, le blessa à un pied et le tua immédiatement. Revenu à Pholoé, Héraclès vit Pholos mort : il l’enterra, puis il reprit la chasse au sanglier. Par ses cris, Héraclès réussit à le débusquer ; il le poussa, épuisé, dans la neige haute, l’attacha et le porta à Mycènes.

     

     

    Texte contemporain

    Agatha Christie, Les Douze Travaux d’Hercule, 1947

    Dans cette nouvelle d’Agatha Christie, Marrascaud, le criminel, est comparé à un sanglier sans pitié. Mais à la différence de la légende antique, il est finalement retrouvé mort, tandis que le sanglier d’Erymanthe antique est ramené vivant à Eurysthée.

     

     

    « Non, c’est un sanglier furieux, effrayant, qui charge à l’aveuglette. » (p.84)

    « Au beau milieu de la pièce gisait le cadavre d’un homme. De taille à peine supérieure à la moyenne, il avait été attaqué avec une sauvagerie et une férocité proprement inimaginables. Sa poitrine et ses bras étaient tailladés en maints endroits. Quant à son visage et à son crâne, ils avaient été réduits à l’état de bouillie sanguinolente. » (p.91)

     

     

       *

    Galerie d'images

     

    Héraklès et le sanglier d'Erymanthe
    Amphore à figures noires
    525 av.JC
    Musée du Louvre

     

     

     

     

     

    Hercule et le sanglier d'Erymanthe
    Huile sur toile de Francisco de Zurbarán
    1634
    Musée du Prado - Madrid

     

     

     

     

     

    Timbre-poste de Monaco - 1982

     


    Sarah N., 203